Chanter sa vie dans les prisons du Malawi
Dans la prison à sécurité maximale de Zomba, au Malawi, impossible de se tourner, la nuit, sans heurter le voisin. De ces bagnes surpeuplés s’élèvent toutefois des chants d’espoir, de révolte et de rédemption. Métro s’est entretenu avec Ian Brennan, qui a tendu son micro à ces cloîtrés qui chantent pour se libérer.
Quelle est la genèse du Zomba Prison Project?
Ma femme et moi avions déjà travaillé avec les Malawi Mouse Boys [NDLR: des chanteurs de gospel qui gagnaient leur vie en vendant des souris à la volée sur le bord des chemins] et nous voulions faire un projet à l’intérieur d’une prison. Les détenus, toujours réduits au silence, ont besoin d’une voix; nous voulions la leur offrir.
Les conditions de vie de ces gens, en prison, semblent s’approcher de l’enfer…
Les conditions sont mauvaises, mais elles ne sont pas pires, parfois, que ce que les détenus connaissaient lorsqu’ils sont libres. Le Malawi est un des pays les plus pauvres d’Afrique et, en milieu rural, il est fréquent que les gens n’aient accès ni à l’eau potable, ni à l’électricité.
«Une des femmes qui chantent sur l’album est morte en prison. La possibilité que quelqu’un meure en détention, au Malawi, est bien réelle.» – Ian Brennan, producteur du Zomba Prison Project
Y a-t-il beaucoup d’innocents qui croupissent à Zomba, selon vous?
Plusieurs femmes sont détenues pour des accusations questionnables, comme la sorcellerie et l’homosexualité, ou encore parce qu’elles ont dénoncé leur violeur et se sont retrouvées au banc des accusés.
Nous connaissons très peu le Malawi. Que pouvez-vous nous dire de sa culture?
Le Malawi est surnommé le «cœur chaleureux» de l’Afrique en raison de l’hospitalité de ses habitants. Sa langue commune, le chichewa, a également été désignée comme la seconde plus musicale du monde par la BBC.
Zomba Prison Project
I Have No Everything Here
En magasin