Soutenez

Polaroïd sur les Y, à l’ère des égoportraits

Photo: Chantal Lévesque/Métro

Les jeunes de la génération Y sont rentrés, petits, à la maison leur clé autour du cou. Ils sont nés «en même temps que les bacs verts». Ils sont baptisés, communiés, confirmés, mais peu religieux. Maintenant, ces enfants-rois sont accros aux médias sociaux. Vraiment? Pour susciter la réflexion sur les 20 à 35 ans, Jocelyn Lebeau a imaginé le spectacle Y paraît.

«J’avais le goût de jouer sur l’idée des apparences, parce qu’on est une génération qui veut exister: toute la notion du paraître, le culte du corps… Et aussi, explorer tous les stéréotypes qu’il peut y avoir sur nous. “Y paraît que vous êtes de même”, jouer sur toutes ces facettes-là», explique Jocelyn Lebeau. Même l’affiche du spectacle joue le jeu: on y voit l’interprète, en camisole, casquette et muscles (oh! cliché), pris en flagrant délit d’égoportrait, alors qu’il regarde ailleurs pour être sûr de ne rien manquer.

Comme canevas de base, Jocelyn Lebeau a beaucoup lu sur ce qu’on dit des Y. Y paraît donc que ces jeunes, dont il fait partie, sont plus éduqués que jamais. Qu’ils vivront vieux. Que beaucoup de leurs parents se sont divorcés et que, côté amoureux, ils ne veulent pas trop s’engager. «Il y a beaucoup de généralités, et en même temps, c’est pas vrai que c’est vrai pour tout le monde tout ça. Mais je pense que ça peut susciter la discussion», croit celui qui porte une bague avec l’inscription «Y» – un cadeau pour ses 31 ans, faite par un ami – et qui a porté différents chapeaux au fil des années, comme comédien, animateur, chroniqueur et recherchiste.

La pièce est un solo de théâtre – un solo, ça sied si bien à la génération Y, légèrement égoïste, admet Jocelyn Lebeau –, qui aura quelque chose de brut. «Un polaroïd» à l’ère des égoportraits, conçu en trois mois et demi. «C’est ce qu’on avait envie de dire, et de cette façon là.»

Ce sont des cogitations existentielles qui ont suscité chez Jocelyn Lebeau l’envie de réfléchir sur sa génération. «L’année passée, j’ai eu 30 ans. Pour moi, ç’a été un moment où je me suis dit: “Aie, est-ce que je suis à la bonne place dans la vie? Est-ce que je fais ce que j’aime? Est-ce que je suis heureux? Est-ce que je suis tout seul à être comme ça?”»

«Dans la cour d’école au primaire, le monde m’appelait papa. C’est même pas une joke. Je ne voulais pas que quelqu’un reste tout seul dans la cour d’école. J’allais le voir et je disais: “Toi, tu viens jouer avec nous.” C’est plus fort que moi. C’est le plaisir d’être ensemble [qui prime]. De réfléchir et de se divertir ensemble.» – Jocelyn Lebeau

Pour élargir ces questionnements, le comédien a demandé à des amis et à des connaissances de réfléchir avec lui sur les Y, par des scènes de théâtre. Ainsi, il fera connaître 11 histoires qu’il est allé chercher chez 11 auteurs de différents horizons: des dramaturges, blogueurs et auteurs, des comédiens, mais aussi un professionnel des stratégies de communication et de marketing, un cinéaste, un poète, un professeur de philosophie, un humoriste et une future docteure en littérature. Ils s’appellent Rabii Rammal, Simon Boulerice, François Descarie, Ludvic Moquin-Beaudry, Julie Bergeron-Proulx, Alexandre Murray, Annick Lefebvre, René-Daniel Dubois, Léane Labrèche-Dor, Gabriel Robichaud et Jonathan Roy (pas le fils de Patrick). Ils sont, pour la plupart, eux-mêmes des Y. Et leurs textes sont tous, sauf deux (celui de Rabii Rammal et de François Descarie) des textes originaux. On y parle d’amour, de maternité et de paternité, «d’adulescence», de politique, de travail, de spiritualité, de deuil, d’amitié.

C’est Jean-Simon Traversy qui assure la mise en scène du spectacle, dans lequel on verra un peu de vidéo et de danse. «C’est un show qui va commencer très simplement et qui va se complexifier. C’est un labo. Une phase 1.»

Un livre à l’ancienne
Les textes de Y paraît seront publiés en version intégrale par Possibles éditions. Le bouquin sera lancé le soir du spectacle.

  • En plus des 11 textes, le livre contiendra un écrit exclusif de Martin Forgues, intitulé La guerre n’est pas un jeu vidéo.
  • 500 copies seront imprimées. Elles seront disponibles dans les librairies indépendantes et sur lepressier.com
  • Possibles éditions fabrique des livres de façon artisanale, à la main, sur de vieilles presses.

Y paraît
À la Grande Salle de la Maison de la culture Maisonneuve
Jeudi à 20 h

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.