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Enquête, une émission coup de poing

Enquête Photo: ICI Radio-Canada Télé

Jeudi, l’équipe de l’émission Enquête dévoilait son dossier sur des allégations d’agressions sexuels et d’abus de la part de la SQ sur des femmes autochtones, dans la région de Val d’Or plus précisément.

Après le visionnement, un nœud se forme dans notre conscience et des questions s’imposent.

Venant moi-même d’une région près d’une réserve autochtone, La Tuque, à proximité de Wemontaci qui est habitée majoritairement par la communauté atikamekw, j’ai grandi dans un environnement où il n’était pas rare de voir des injustices envers les Amérindiens. Une séparation claire entre «les blancs» et «les autres», que ce soit à l’école, à l’épicerie, au restaurant, même dehors au centre-ville. Entendre le témoignage de ces femmes traitées comme une sous-catégorie d’être humain, c’est déchirant.

Si ces femmes de Val-d’Or ont eu le courage de se lever, j’ose à peine imaginer les sévices vécus par celles de ma région et des autres. La SQ, comme à Val-d’Or, est la seule forme d’autorité dans mon coin de pays – et dans plusieurs autres au Québec et ailleurs au Canada.

Il y a une certaine maladresse de ma part de ramener cette problématique à mes souvenirs, mais je ne sais pas comment traiter l’information autrement. Je suis indigné, outré et dégouté par l’inaction des autorités envers ces femmes – et j’ai honte d’avoir grandi dans un environnement qui encourageait par la bande ces comportements.

Quand on me parlait des autochtones, à l’époque, c’était à grands coups de lieux communs. Tous des alcooliques, des pas propres, des profiteurs de système. Jamais on ne me parlait de la richesse de la communauté, des aspirations des individus, de la réalité des réserves. On soulignait le négatif et on les isolait.

À ma polyvalente, il y avait quelques autochtones, moins d’une dizaine. C’était pourtant la seule polyvalente de la ville.

Vous trouvez ça normal d’exclure les autochtones quand on prône l’égalité, l’intégration et l’acceptation?

Chapeau levé à l’équipe d’Enquête pour ce reportage et ce travail approfondi sur une histoire humaine. Je suis encore sous le choc. Ces femmes qui n’existent pas souhaitent exister, tout simplement. Pas un traitement de faveur, pas de vedettariat surprise, juste exister et ne plus avoir à trouver du réconfort au fond d’une bouteille de bière.

Josée Dupuis, la journaliste derrière cette émission, est digne d’une mention spéciale. De l’excellent travail, de la télévision nécessaire, rien de moins.

=> Vous pouvez visionner le reportage ici

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