Soutenez

Five: La vie à cinq

Photo: Az Films
Mehdi Omaïs - Metronews France

Entre deux rôles dramatiques, Pierre Niney aime s’offrir quelques comédies de qualité, comme Five, de son ami Igor Gotesman. Il y incarne le boute-en-train d’une attachante bande de potes. Discussion.

Dans Un homme idéal, vous incarniez un écrivain raté qui s’approprie le manuscrit d’un autre. Là, vous jouez un jeune homme qui abandonne ses études de médecine pour faire du théâtre… Vous aimez les artistes ratés, non?
[Rires] Vous avez raison, c’est une bonne remarque! Ce sont des gens qui cachent la vérité, créent de nouvelles réalités et se retrouvent dans la merde. On ne connaît pas vraiment le niveau du jeu d’acteur de Sam, mon personnage, mais on sent que le gars n’est pas au point [sourire]. Il veut être acteur et n’ose pas le dire à sa famille : c’est assez générationnel.

Une forme d’éloge du glandage palpite dans Five, vous ne trouvez pas?
Je ne sais pas… Ils sont plutôt actifs, les gars! [Réflexion] Ma génération grandit et évolue dans un contexte très précaire. La société pousse les jeunes à s’inscrire dans une dynamique individualiste. Pour moi, l’insouciance – ou ce qui peut être perçu comme du glandage – est en fait une réponse à tout ça. Se regrouper, comme le font les héros de Five, constitue un sursaut instinctif et positif.

«Je suis déjà allé en pleine nuit en Espagne pour consoler un ami qui s’était fait larguer.» –Pierre Niney, qui raconte aussi avoir déjà pris des douches «sous la pluie en slip, dans les rues de New York, pour ne pas décevoir les potes!»

Vous avez l’âge des personnages du film. Auriez-vous été comme eux si le cinéma ne vous avez pas tendu ses bras?
Sur certains points, je ne suis pas si loin d’eux… Il m’arrive d’utiliser le vocabulaire qu’ils emploient, comme «une petite gênance» ou «je chille». Cela dit, il y a des moments de jeunesse que je n’ai pas vécus comme tels parce que j’étais sur les routes de tournées théâtrales, avec des gens plus âgés.

Qu’enviez-vous à Samuel?
Pas grand-chose, parce que c’est un optimiste chronique qui devient mythomane compulsif. Il vit à côté de la réalité… J’aime sa fidélité en amitié, que je partage. Mes potes d’enfance, que j’ai rencontrés au primaire ou même avant, ont une place hyper- importante dans ma vie. Je ne les perds jamais de vue.
 
Avez-vous le sentiment que Five pourrait être L’Auberge espagnole de la génération Y?
C’est le public qui décidera! La thématique de l’amitié réunit toutes les générations. Lors des avant-premières, je me suis rendu compte que certaines grands-mères trouvent ça génial qu’on parle de cul librement, comme ça… Ce n’est pas grave de rire de l’humour gras ou régressif… En France, on boude son plaisir très facilement. Les gens se marrent parfois comme des fous et, en sortant de la salle, ils estiment qu’ils n’ont pas le droit d’avoir aimé.

Five
En salle dès vendredi

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.