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Les défis de Marcel Côté

Michel Venne - Directeur général de l’institut du nouveau Monde

La partie n’est pas gagnée pour Marcel Côté, qui s’est présenté hier comme le candidat de la réconciliation entre l’est et l’ouest à la mairie de Montréal.

L’homme sera un adversaire coriace pour Denis Coderre, toujours favori, en réunissant autour de lui les forces de l’establishment montréalais qui ne peuvent se résoudre à voir l’ancien compère de Jean Chrétien diriger les destinées de leur ville.

Côté saura rallier des appuis dans les milieux d’affaires, culturels, créatifs et caritatifs de Montréal, où il est lui-même très actif. La présence hier à son lancement de l’architecte Phyllis Lambert, du représentant de Moment Factory, Éric Fournier, et de la danseuse Marie Chouinard témoigne de cette capacité à mobiliser des forces vives.

De plus, l’alliance conclue avec Vision Montréal, de Louise Harel, pourra servir de caution auprès de citoyens plus soucieux de qualité de vie et de justice sociale que de développement économique et d’efficacité administrative, les deux forces de Marcel Côté.

Sur papier, la combinaison est gagnante. Mais le pari n’est pas sans risque.

Le premier défi du candidat Côté en est un de loyauté. La Coalition pour Montréal est une structure provisoire. Les liens qui unissent M. Côté aux candidats locaux (aux postes de conseillers et de maires d’arrondissement) sont récents. Si les choses tournent mal pour M. Côté, ces candidats locaux lui resteront-ils fidèles? Vont-ils consacrer autant d’énergie à mousser sa candidature à la mairie qu’ils en mettront à assurer leur propre réélection si les liens qui les unissent demeurent ténus? Comment M. Côté réussira-t-il à insuffler de la vie à cette structure fragile? À moins qu’il réussisse à devenir, sur ses propres bases, une locomotive pour les candidatures locales.

Son second défi consiste à convaincre certains partisans et militants de Vision Montréal, au-delà des élus, d’appuyer à la mairie un homme dont les idées tranchent avec les leurs.

M. Côté est reconnu pour être un homme d’affaires conservateur, et au franc-parler. Il est fédéraliste. Bien des électeurs du parti de Louise Harel se réclament de la social-démocratie et sont indépendantistes.

Voudront-ils lui donner leur bénédiction? Ou préféreront-ils, tout en continuant à soutenir le candidat local de Vision Montréal, voter pour Richard Bergeron, le chef de Projet Montréal, clairement à gauche, à la mairie?

Un troisième défi pour M. Côté sera d’étendre son influence au-delà de l’ancienne ville de Montréal. Les représentants du Montréal créatif qui l’accompagnaient hier n’exercent pas autant d’attrait auprès des habitants des anciennes banlieues. L’alliance est-ouest proposée par M. Côté est vraie pour la ville centrale et elle lui serait bénéfique. Mais elle échappe la périphérie qui pourrait se reconnaître davantage dans le populiste Denis Coderre, enraciné depuis 16 ans, comme député fédéral.

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