Comment empêcher près de 7 élèves sur 10 de décrocher?
Peut-on réduire de façon significative le décrochage scolaire en aidant les élèves à éviter les retards scolaires?
Selon les chiffres du ministère de l’Éducation, la réponse est oui. En effet, 45,7 % des élèves qui accumulent les échecs et accusent donc un retard dans les apprentissages qu’on attend d’eux quittent l’école sans diplôme. À l’inverse, seulement 6,8 % des jeunes qui n’ont pas connu de retard durant leur parcours scolaire décrochent.
Les jeunes en retard représentent une proportion significative, soit 68 %, de l’ensemble des décrocheurs. Il serait donc possible de réduire considérablement le décrochage en intervenant auprès des élèves qui sont les plus à risque d’accumuler du retard.
Mais qui sont ces élèves, exactement? Les derniers indicateurs de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) nous permettent de mieux les connaître. En se servant de ses recherches sur les performances en mathématiques, l’OCDE montre que, parmi tous ses pays membres, ce sont les élèves qui proviennent des milieux économiques les moins favorisés qui courent le plus grand risque de se retrouver en retard, soit trois fois plus souvent que les élèves issus de milieux plus favorisés.
D’autres facteurs de risque s’ajoutent : le fait d’avoir redoublé une année, de vivre dans une région éloignée, de provenir d’une famille monoparentale ou d’étudier dans une langue différente de sa langue maternelle, entre autres. Un élève qui expérimenterait tous les facteurs de risque possibles courrait plus de 80 % de risque d’être en retard scolaire, selon les calculs de l’OCDE.
Lors de la consultation sur la réussite éducative qui commencera bientôt, il faudra discuter des moyens d’éviter les retards, même si on sait que certains élèves auront toujours besoin de plus de temps pour réussir.
Pourquoi ces élèves décrochent-ils tant? Selon une étude américaine, les échecs répétés et le retard scolaire qui en résulte réduisent à néant leur motivation. Lorsque ce retard devient trop grand, ils perdent confiance en leurs capacités de le rattraper. Ils ont l’impression de s’être enfoncés dans un cul-de-sac dont ils ne peuvent plus sortir. Plusieurs croient qu’ils sont des incapables qui n’obtiendront jamais leur diplôme.
Dans de telles circonstances, ils parviennent à la conclusion qu’il vaut mieux partir, tout simplement. Aucune personne sensée ne poursuit un objectif qu’elle ne peut pas atteindre.
La plupart des jeunes connaîtront quelques échecs au cours de leur parcours scolaire et se rattraperont. Il ne faut pas s’en faire pour eux. Cependant, si un jeune ne peut plus du tout comprendre le contenu enseigné ou les directives pour les travaux et que ses notes sont très faibles, c’est qu’il est vraiment en retard et risque fort de se décourager.
Le passage en quatrième secondaire, selon les recherches mentionnées ci-dessus, est un moment qui peut s’avérer particulièrement difficile. Les apprentissages sont plus complexes en 4e et 5e secondaire et les attentes plus grandes, car la performance de l’élève détermine la suite de ses études au cégep.
Lors de la consultation sur la réussite éducative qui commencera bientôt, il faudra donc discuter des moyens d’éviter les retards, même si on sait que certains élèves
auront toujours besoin de plus de temps pour réussir.