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Formation- Santé, spiritualité et bioéthique

Photo: Getty Images/iStockphoto

Longtemps relié à une dimension religieuse, le métier d’intervenant en soins spirituels a aujourd’hui pris une nouvelle signification. Coup d’œil sur le diplôme d’études supérieures en santé, spiritualité et bio­éthique offert par l’Université de Montréal à ceux qui accompagneront les malades en fin de vie. Géraldine Mossière, professeure adjointe à la Faculté de théologie et de sciences des religions, répond aux questions de Métro.

Qu’est-ce que le programme d’études supérieures spécia­lisées en santé, spiritualité et bioéthique?
C’est pour former des intervenants en soins spirituels dans les institutions de santé : ce sont en quelque sorte les successeurs des aumôniers. Pendant longtemps, ce rôle d’accompagnement spirituel dans les hôpitaux ou les maisons de soins palliatifs était régi par l’Église, mais plus maintenant.

Pourquoi faire un DESS?
C’est une sorte de spécialisation après avoir terminé un baccalauréat (pas nécessairement en études religieuses). Le libellé d’emploi requiert seulement un bac, mais le DESS permet de s’outiller davantage, de se perfectionner. Être face à des gens qui vont mourir, cela demande des aptitudes particulières. C’est un programme de 30 crédits (dont 12 doivent être des stages), soit l’équivalent d’une maîtrise pour ce qui est des cours, mais avec un essai au lieu d’un mémoire.

Qu’est-ce qu’on y apprend?
On apprend à voir une personne malade autrement que comme un corps souffrant, à voir l’être humain. L’approche, c’est l’humanisation du soin. On apprend à voir le sens que la maladie peut apporter à sa vie, et comment son expérience de souffrance peut s’inscrire dans sa propre identité.Lorsqu’une personne est sur le point de mourir, l’intervenant est appelé pour l’accompagner dans un moment de recueillement. Il peut être appelé à faire des rituels.

«Il faut avoir une bonne écoute, une bonne capacité à entrer en relation avec les autres.» – Géraldine Mossière, professeure adjointe à la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’UdeM

Est-ce qu’il y a une dimension religieuse?
En fait, on retire l’aspect religieux pour se concentrer sur le sens que la personne donne à sa vie, son éthique. Les gens malades donnent souvent un sens à leur souffrance. On cherche avec eux comment accueillir la paix dans la souffrance, on essaie de comprendre la signification de cette épreuve. Certains patients sont catholiques pratiquants, d’autres non… Mais la spiritualité va plus loin que la religion : quel sens donne-t-on à la mort, aux expériences humaines?

À qui ce programme s’adresse-t-il?
Nous avons une clientèle assez variée. Certains étudiants viennent de finir un bac en sciences des religions, d’autres viennent d’une tout autre sphère, mais ont accompagné un proche malade et veulent en faire leur métier.

Quel genre d’aptitudes doit-on avoir pour être un bon intervenant en soins spirituels?
Il faut avoir une bonne écoute, une bonne capacité à entrer en relation avec les autres. Ça demande aussi de l’empathie. Mais attention : ça prend aussi un certain recul, sinon, c’est facile d’être trop affecté. L’intervenant voit toute la journée des personnes qui souffrent, alors il faut être suffisamment en paix pour ne pas être soi-même happé par la souffrance de l’autre.

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