Formation et emplois
16:36 2 mai 2017 | mise à jour le: 14 juin 2021 à 14:38 Temps de lecture: 5 minutes

Faire l’expérience de l’entrepreneuriat

Faire l’expérience de l’entrepreneuriat
Photo: Métro

Au début des années 1990, les étudiants postsecondaires intéressés par l’entrepreneuriat n’avaient quasiment personne vers 
qui se tourner.

De ce besoin est née l’Association des clubs d’entrepreneurs étudiants (ACEE) du Québec, qui compte aujourd’hui 
57 membres dans les cégeps, les universités et les centres de formation professionnelle, dont 13 sur l’île de Montréal. «Les clubs sont toujours démarrés à la volonté des étudiants, précise Mathieu Morin, coordonnateur au soutien des clubs à l’ACEE. Ensuite, ils font le même exercice de “mission, vision, objectifs” qu’une entreprise, élisent un conseil d’administration et assument toutes les tâches de fonctionnement.»

Avec l’appui d’une personne-
ressource, les participants à cette activité parascolaire planifient au moins deux «activités entrepreneuriales» par année. «Il s’agit souvent de l’organisation d’événements et de concours, mais cela varie beaucoup selon le domaine d’études, note M. Morin. Certains sont consacrés au génie mécanique ou au tourisme,  et d’autres à l’ébénisterie ou au droit, par exemple.»

Les clubs prennent parfois la forme d’une entreprise-école. «À André-Laurendeau, les étudiants [participent à] tous les aspects du projet Altech: la gestion, le marketing, l’achat de matériel, les contrats, etc., illustre le coordonnateur. La direction du 
cégep les a même impliqués dans le processus de réaménagement de leurs locaux.»

«Les jeunes apprennent à se connaître et cultivent certains comportements comme la solidarité, l’équité,
 la démocratie, l’autonomie et la persévérance.» – Johanne Lavoie, coordonnatrice à l’éducation et à la jeunesse du CQCM

Découvrir les coopératives
Grâce à des projets chapeautés par le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité (CQCM), les étudiants de moins de 29 ans peuvent aussi se familiariser avec les entreprises collectives. «Avec Jeune Coop, ils peuvent réaliser un projet répondant à des besoins exprimés par leur classe ou leur communauté, explique Johanne Lavoie, coordonnatrice à l’éducation et à la jeunesse
du CQCM. Mais comme ce ne sont pas des coopératives 
légalement constituées, ils ont le droit à l’erreur.»

Qu’ils visent à récupérer des vêtements, à vendre des légumes ou à offrir des cours de musique, les quelque 140 projets Jeune Coop servent donc avant tout à l’apprentissage. Ils profitent de l’accompagnement des agents de promotion à l’entrepreneuriat collectif jeunesse et du soutien de leur établissement d’enseignement. «Nous mettons en place des structures qui permettent de développer des habiletés de coopération, mais ce sont les étudiants qui démarrent et gèrent les projets, car ils sont surtout là pour apprendre à se prendre en charge et à tirer profit des forces et des qualités de chacun», remarque 
Mme Lavoie.

L’étape suivante  
Après cette expérience, plusieurs participants souhaitent lancer leur entreprise. «Nous les dirigeons alors vers nos partenaires qui s’occupent d’incubateurs et d’accélérateurs», souligne Mathieu Morin, de l’ACEE. Ceux-ci accompagnent les entrepreneurs en herbe dans les différentes phases de leur projet, de l’étude de marché à la recherche de financement, en passant par le développement de produit et l’expansion. Ils offrent des services personnalisés et des conférences magistrales, en plus d’organiser des concours.

Plusieurs sont rattachés à des écoles, mais appuient aussi des personnes occupant déjà un emploi. Parmi eux, Centech (ETS), District 3 (Concordia), l’Incubateur J.-Armand-Bombardier (Polytechnique Mont­réal) et iC MTL (Dawson et Cégep du Vieux-Montréal).

Comme le secteur est en effervescence, de nouvelles initiatives institutionnelles et privées voient constamment le jour.

Expériences virtuelles
Les entreprises d’entraînement permettent à un étudiant d’acquérir de l’expérience sans craindre les conséquences des décisions qu’il prend : toutes les activités de ces entreprises, de la mise en marché aux transactions, se font de manière virtuelle dans un réseau mondial de sociétés fictives poursuivant le même objectif d’apprentissage. Le Réseau canadien des entreprises d’entraînement en compte 26 au Québec, dont 7 rattachées à des cégeps et à des universités, dont Jeunes entrepreneurs de Montmorency au collège lavallois du même nom.

Réunir
les cultures
Exemple parmi d’autres, l’École internationale des jeunes entrepreneurs (EIJE) souhaite «permettre à des jeunes de 18 à 35 ans de [confirmer] leur potentiel entrepreneurial» dans un contexte multiculturel. Depuis sa création à Sherbrooke en 1999, elle a réuni plus de 600 francophones un peu partout dans le monde afin qu’ils développent en équipe un projet d’affaires simulé, évalué par un jury international. La prochaine édition aura lieu en Martinique en juin, puis l’EIJE s’arrêtera à Montréal au début du mois d’août.

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