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Les jeunes se font désirer dans les programmes de formation professionnelle

Le ministère de l’Éducation et les commissions scolaires de la province font des pieds et des mains depuis plusieurs années pour attirer davantage d’étudiants dans les programmes de formation professionnelle. Chez les jeunes, pourtant, les résultats tardent à venir.

Pendant l’année scolaire 2005-2006, 90 679 élèves étaient inscrits en formation professionnelle. De ce nombre, seulement 24 627 étaient âgés de moins de 20 ans, une statistique qui a très peu évolué en 10 ans. En 1998, 24 530 élèves y étaient inscrits.

«Le contexte actuel de la baisse démographique et de la forte activité sur le marché du travail contribue à limiter cette augmentation», a expliqué Stéphanie Tremblay, responsable des communications pour le ministère de l’Éducation.

«Quand l’économie va bien et que plusieurs emplois sont disponibles, les jeunes accèdent facilement au marché du travail sans qualification, a précisé Brigitte Gauvreau, responsable des communications pour la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys. Et là, on est un peu dans ce contexte-là.»

La publicité devient alors une nécessité pour la formation professionnelle, qui doit trouver de  nouveaux moyens d’attirer des jeunes. «C’est clair qu’à moyen et à long terme, ça reste un cul-de-sac de ne pas avoir de qualification, a rappelé Mme Gauvreau. Mais quand on a 16 ou 17 ans, on ne voit pas toujours les choses sous cet angle-là.»

Des efforts soutenus
Conscients de l’importance de faire connaître la formation professionnelle aux jeunes, mais aussi à leurs parents, le ministère de l’Éducation et les commissions scolaires ont mis sur pied une série de mesures pour soutenir le secteur.
La commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, qui compte 87 établissements, dont 13 écoles secondaires, a été la première à mettre sur pied, en octobre 2005, une politique de valorisation de la formation professionnelle.

«Toutes sortes d’initiatives ont été prises pour s’assurer que la formation professionnelle ne soit pas perçue ou présentée uniquement comme une alternative pour ceux qui ne sont pas bons à l’école, a indiqué Brigitte Gauvreau. Parce que c’est malheureusement souvent la perception qui est véhiculée. Il y a  dans la formation professionnelle des qualifications et des métiers qui sont intéressants, des jobs qui sont payants, mais ce n’est pas su. Encore aujourd’hui, il n’y a pas beaucoup de parents qui souhaitent que leur enfant leur dise qu’il veut devenir menuisier. C’est malheureux, mais c’est comme ça.»

Du côté du ministère de l’Éducation aussi, les actions se succèdent. «Diverses initiatives ont été prises par le MELS, en collaboration avec le milieu de l’éducation, mais aussi avec les représentants du marché du travail pour promouvoir et valoriser les métiers et les programmes de formation professionnelle et technique», a souligné Stéphanie Tremblay.

Le gouvernement du Québec a ainsi créé le Plan d’action éducation, emploi et productivité dans lequel il investira la somme de 203?M$ au cours des cinq prochaines années. Le Plan soutiendra la croissance de l’emploi, la productivité des entreprises et le dévelop­pement économique du Québec en proposant notamment des investissements en éducation.

«Le défi est d’arrimer la fréquentation scolaire aux besoins du marché tout en incitant plus de jeunes à poursuivre leurs études en formation professionnelle», peut-on lire dans les documents du ministère.

Un site internet (www.toutpourreussir.com) a également été mis en ligne afin d’offrir davantage d’information aux jeunes intéressés par la formation professionnelle.

Longue période noire
Malgré tous les efforts investis par les différents intervenants du milieu, la formation professionnelle tarde à remonter la pente en matière de recrutement de jeunes étudiants. Et il semble que les choses ne s’amélioreront pas de sitôt.

«On commence juste à sentir les effets sur la pénurie de personnel, qui ont nécessairement un impact sur la formation, a estimé Brigitte Gauvreau. Quand est-ce qu’on va atteindre le fond du baril? On ne le sait pas. On n’est même pas capable de l’évaluer en tant que société!»

La commission scolaire, tout comme le ministère de l’Éducation, n’entend cependant pas baisser les bras. «Il y a encore des efforts qui sont faits pour attirer les jeunes, a souligné Mme Gauvreau. Mais le problème, en ce moment, il n’est pas dans les écoles, il est sur le marché du travail. Tout le monde nous demande de former des jeunes, mais on a de la difficulté à le faire parce qu’ils sont déjà en train de travailler.»

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