La tête dans l'espace
De toutes les sciences dans lesquelles les Québécois ont acquis une bonne réputation, l’astronomie vient en tête de liste. Une constatation surprenante pour un peuple qui n’a presque jamais eu de cours d’astronomie dans son cursus scolaire.
«Historiquement, les Québécois ont toujours aimé l’astronomie, explique Pierre Chastenay, astronome au Planétarium de Montréal. Déjà à l’époque de la Nouvelle-France, les jésuites étudiaient notre ciel pour le cartographier. Nous avons toujours été attirés par cette science, ce qui explique le nombre important d’astronomes amateurs. D’ailleurs, plusieurs astronomes ont commencé comme astronomes amateurs», ajoute celui qui est aussi animateur du Code Chastenay, à Télé Québec.
Mais l’histoire n’explique pas pourquoi les astronomes québécois sont aussi en demande dans le monde. «Nous avons un avantage : nous avons l’observatoire du mont Mégantic qui permet à nos étudiants de faire plus de travaux pratiques et plus d’observations. Ce que n’ont pas tous leurs collègues des autres universités», souligne Olivier Hernandez, astrophysicien à l’Université de Montréal.
«Avec le temps, nous avons développé des leaders dans leur domaine, comme Claude Carignan, Gilles Fontaine ou Hubert Reeves», continue Laurent Drissen, lui-même une des sommités dans le domaine. «Ils ont servi de modèles à plusieurs générations d’étudiants, qui ont compris qu’il était possible d’en vivre, même si ça signifie s’expatrier», renchérit M. Drissen, qui a travaillé à la NASA pendant quelques années avant d’accepter un poste à l’Université Laval.
S’exiler pour travailler
Il n’y a pas beaucoup de postes d’astronomes disponibles au Québec. Les étudiants doivent donc s’attendre à la fin de leurs études à travailler en dehors du Québec, voire du Canada, spécifie Olivier Hernandez. «Nos étudiants se trouvent tous un emploi à la fin de la maîtrise ou du doctorat – il n’existe pas de diplôme de premier cycle en astronomie – que ce soit en astronomie, en enseignement des sciences ou encore en finance», poursuit-il.
Une affirmation étonnante, mais qui s’explique facilement, puisque, grâce à leur bac en physique et à leurs études supérieures en astronomie, ces étudiants ont appris à maîtriser les opérations mathématiques complexes. Une qualité que recherche les banques.