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Faire son propre cinéma

Même si le cinéma québécois enchaîne les succès depuis quelques années, les nouveaux diplômés des différents programmes de cinéma de la province doivent s’armer de patience. Car le chemin vers le sommet du septième art est souvent très long et pour le moins sinueux.

Chaque année, plusieurs dizaines de diplômés en cinéma se lancent à l’assaut d’un marché qui n’a rien de très rassurant.

«Le milieu du cinéma est un milieu de pigistes qui fonctionne par projet, indique le directeur des communications de l’INIS, Jean Hamel. C’est clair que les gens qui entreprennent une formation en cinéma ne peuvent pas s’attendre à avoir un emploi stable à plein temps. On avertit d’ailleurs clairement au départ les étudiants de cette réalité.»

Cette difficulté ne semble cependant pas inquiéter le responsable du programme de cinéma à l’École des médias de l’UQAM, Paul Tana. «C’est sûr que ce n’est pas simple, affirme-t-il. Le marché n’est pas facile à percer, mais ceux qui sont animés par le désir de travailler peuvent s’en sortir. D’ailleurs, plus de la moitié des diplômés en cinéma réussissent à intégrer le milieu.»

L’UQAM reçoit chaque année environ 400 demandes d’admission pour son programme en cinéma. Seule une trentaine de candidatures sont retenues en fin de compte. «Ça serait irresponsable d’accepter plus d’étudiants en leur faisant accroire qu’ils feront tous du cinéma, explique le responsable du programme de cinéma à l’École des médias de l’UQAM, Paul Tana. Le cinéma reste un domaine fermé.»

Une longue ascension
Plusieurs étudiants doivent revoir leurs attentes à la baisse lorsque vient le temps de gagner le marché du travail. «C’est évident que quel­qu’un qui étudie en direction photo ne sera pas un directeur photo en sortant [de l’université], précise M. Tana. Mais il pourra être assistant d’un directeur photo par contre. On a déjà vu un diplômé de l’UQAM devenir deuxième assistant sur un film de Martin Scor­sese, par exemple. Ce n’est pas rien!»

Plusieurs étudiants choisissent également de se tourner vers la postproduction, soit le montage sonore ou d’images. «L’avantage, avec la postproduction, c’est qu’elle implique des établissements importants et des services centralisés, explique M. Tana. Il est donc plus facile d’y trouver un emploi permanent.»

Ceux qui choisissent de tenter leur chance du côté de la production doivent faire preuve d’un peu plus de patience. «En général, les diplômés trouvent sans trop de problèmes des emplois rémunérés dans leur domaine, mais ça peut leur prendre deux, trois ou quatre ans avant de vraiment trouver leur chemin et de pouvoir vivre uniquement du cinéma, souligne Jean Hamel. Les étudiants doivent entre-temps diversifier leurs activités.»

C’est ainsi que plusieurs finissants font d’abord leur marque dans le milieu de la publicité et du vidéoclip avant d’entreprendre leur propre projet de film.

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