Des écoles à la recherche d'étudiants
Malgré le taux de placement de plus de 97?% des diplômés en assurance, les écoles essaient tant bien que mal d’attirer les jeunes vers une carrière dans ce domaine, qui connaît déjà une grande pénurie de main-d’Å“uvre.
«L’excellent taux de placement et les salaires compétitifs ne suffisent pas à attirer les jeunes dans cette branche, se désole Marie-Christine Tremblay, directrice des études au collège LaSalle, qui offre un DEC en assurance depuis septembre. L’assurance n’a pas de sex-appeal pour les jeunes, elle souffre d’un gros problème d’image.»
Pas assez d’étudiants
Le cégep du Vieux Montréal réussit à former une centaine de jeunes par année en assurance grâce au programme Conseil en assurance et en services financiers. Le collège LaSalle, lui, n’a attiré qu’une dizaine d’élèves dans ce programme au présent trimestre. Or, plus de 4 000 postes en assurance seront à combler dans les quatre prochaines années.
«La plupart des étudiants sont déjà engagés avant d’avoir terminé leurs études», souligne le professeur Michel Archambault, du cégep du Vieux Montréal. Mais cela ne semble pas suffire.
«Les gens se font une fausse idée du travail quotidien d’un conseiller ou d’un agent en assurance, ajoute Mme Tremblay. Pourtant, leur travail est très diversifié. Il y a beaucoup de communication, de relations interpersonnelles, et le côté humain a une grande importance.»
C’est pourquoi les formations collégiales en assurance, comme celles offertes au cégep du Vieux Montréal, au collège LaSalle et au cégep Montmorency, axent beaucoup l’enseignement sur la polyvalence. L’étudiant sera évidemment amené à développer ses compétences générales dans tous les domaines de l’assurance et découvrira les différents produits. Mais on lui enseignera aussi des notions de comptabilité, de communication, d’approche client, de promotion, d’analyse de risques et d’élaboration de programmes.
«En assurance, on travaille avec des gens qui sont tous différents les uns des autres et qui ont des besoins spécifiques, explique M. Archambault. On doit être en mesure de s’adapter aux clients et aux situations. On ne vend pas une police d’assurance de la même façon à tout le monde.»
Genre d’études à privilégier
Est-ce nécessaire de compléter sa formation en assurance à l’université?
«Continuer à l’université peut ouvrir des portes vers des postes plus importants, répond Mme Tremblay. Si quelqu’un veut être PDG ou directeur sans être agent d’assurance pendant 10 ou 15 ans auparavant, c’est une bonne solution.»
Mais Mme Tremblay et M. Archambault affirment tous deux que c’est au niveau collégial que l’étudiant apprend tout sur le métier. «Un DEC est amplement suffisant pour travailler dans le domaine, assure M. Archambault. Une fois sur le marché du travail, il y a des employeurs qui vont encourager leurs employés à faire un certificat de perfectionnement à l’université, ce qui mènera au titre de Fellow en assurance (FPAA).»
Plusieurs attestations d’études collégiales (AEC) sont aussi offertes. Celles-ci sont d’ailleurs plus populaires que les DEC, en grande partie en raison de leur courte durée. Ces formations attirent principalement des adultes déjà en emploi qui cherchent à se perfectionner.
Une carrière à démystifier
Travailler en assurance, ce n’est que tenter de vendre des services et produits par téléphone ou en faisant du porte-à-porte? Pas du tout, assure Marie-Christine Tremblay, directrice des études au collège LaSalle, qui offre depuis septembre une formation de Conseil en assurances et en services financiers.
«On réussirait à démystifier les carrières en assurance en montrant aux jeunes ce qu’est le travail quotidien dans ce domaine», assure Mme Tremblay.
«Qu’on travaille en assurance vie et placement ou en assurance dommages, les tâches à accomplir sont très diversifiées, ajoute Michel Archambault, professeur en assurance au cégep du Vieux Montréal. Dans la même journée, tu peux avoir à satisfaire les besoins en assurance d’une entreprise de construction, d’une personne au bras cassé et d’une personne âgée. Il faut faire preuve d’entregent, d’empathie, de créativité, de patience et de bon jugement.»
Les possibilités de carrière en assurance sont diverses. Les institutions financières et les bureaux d’assurance sont nombreux à rechercher des agents, courtiers et conseillers d’assurance, mais aussi des superviseurs de commis de finance, des experts en sinistres, des assureurs et des commis d’assurance et services financiers.
De plus, les possibilités d’avancement sont grandes, et le salaire hebdomadaire brut moyen d’un agent d’assurance est de 649 $ en moyenne par semaine dès la sortie de l’école.