Travailler loin des siens
Pour aimer la vie de tournée, il faut avoir l’esprit un peu bohème. «Il faut surtout aimer son emploi, parce qu’en tournée, la vie est centrée sur le travail», précise Jean-Sébastien Gagnon, chef accessoiriste pour le spectacle Kooza du Cirque du Soleil.
Depuis près d’un an, il sillonne les États-Unis avec le plus récent spectacle du Cirque. De Chicago, où il se trouvait en août, il a pris quelques minutes pour discuter de la vie qu’il mène sur la route.
Quels sont les avantages de la vie de tournée?
Il y en a tellement! D’abord, on ne se sent pas au travail. Même si on y consacre beaucoup d’heures – de 50 à 80 par semaine – ça reste un mélange de travail et de vacances parce qu’on a la chance de voyager et de visiter les villes où on passe. Ça permet de découvrir de nouveaux endroits.
On doit tous gagner sa vie, mais ici, le travail et le plaisir se mélangent. Et il ne faut pas oublier qu’on a quand même des vacances de quelques semaines par année pour retourner à la maison.
Et les inconvénients?
Pour moi, les avantages prennent le dessus. C’est certain que loin de la famille et des amis, on s’ennuie. Mais on gagne une deuxième famille en côtoyant des gens presque 24 heures sur 24.
Est-ce que ça ne cause pas des frictions parfois?
Au début, c’est tout nouveau, tout beau. La lune de miel dure les premiers mois, puis on se découvre des affinités avec certains.
Est-ce possible de travailler en tournée toute sa vie?
Souvent, quand on est loin depuis un moment, on a envie de retourner à la stabilité, je crois. C’est vraiment variable d’une personne à l’autre. Pour ma part, je me pose la question de temps en temps. À ce moment, il faut refaire son bilan des avantages et des inconvénients. Chaque fois que je l’ai fait, ça a remis en évidence le positif.