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Pompière et passionnée

À l’âge de 15 ans, elle allait devenir coiffeuse. Mais quand son père, un pompier, la réveille, par une nuit froide de janvier, pour qu’elle l’accompagne sur les lieux d’un incendie, elle a la piqûre et abandonne du coup ses projets de coiffure. Portrait d’une femme passionnée par son métier.

«Au départ, je voulais davantage trouver les causes des feux et participer à la recherche», raconte la lieutenante Nathalie Ménard. Mais comme les équipes de recherche sont plutôt rares à l’époque, elle suit son cours en prévention et intervention d’incendie à l’Institut Saint-Maxime avant de poursuivre sa formation à l’Université de Montréal.

À sa sortie de l’école, elle travaille d’abord à temps partiel, et c’est en 1989 qu’elle affronte le feu pour la première fois. Son père l’accompagne alors pour son baptême des flammes. «La première fois, j’ai été impressionnée et j’ai figé, dit-elle. Mon père a dû me pousser pour que j’affronte les flammes. S’il n’avait pas été là, je pense que je n’aurais jamais voulu y aller!»

Bien qu’elle considère son travail comme très exigeant physiquement, la pompière de 42 ans ne voit que des avantages à son métier. «Je fais ce travail-là avec cÅ“ur et, même si on risque parfois notre vie, c’est un facteur dont je ne tiens pas compte, lance-t-elle. On a le sentiment d’aider les gens, et c’est valorisant.» Le souvenir d’un petit garçon qui, sauvé des flammes par les pompiers, s’était remis à respirer dans l’ambulance, l’émeut encore aujourd’hui.

Mais le métier comporte d’autres avantages intéressants, tels qu’un excellent salaire et de nombreuses possibilités d’avancement. Des occasions qu’a saisies Mme Ménard, qui a été nommée chargée de la section éducation du public il y a deux mois. Cette nouvelle fonction l’amène désormais à animer différents groupes de travail et à faire de la sensibilisation dans les écoles et les lieux publics, notamment.

Une pompière parmi les pompiers
On estime à une trentaine le nombre de pompières travaillant sur l’île de Montréal, sur un total d’environ 2 400 pompiers. Dans un milieu aussi peu féminin, l’intégration est-elle difficile?
«Personnellement, j’ai été très chanceuse, parce que je n’ai jamais eu de problème à me faire respecter dans mon travail», dit-elle. S’il est arrivé qu’elle sente un léger malaise à son égard, il n’en reste pas moins qu’elle a toujours fait partie de l’équipe, de la famille. «Je ne dirai pas que ça n’arrive pas, parce que je connais des femmes pour qui ça a été plus difficile, mais dans mon cas, ça s’est très bien passé.»

Avec une carrière déjà bien réussie, Mme Ménard souhaite simplement poursuivre dans ce domaine qui la passionne. Seul bémol à son bonheur professionnel: elle souhaiterait qu’il y ait davantage de pompières dans le milieu.

«Souvent, les femmes s’arrêtent au côté physique de la chose, mais si le travail les intéresse, il y a de la place pour elles. Quand on veut quelque chose, c’est possible.» Et ses 20 ans de carrière le prouvent bien.

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