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Chronique d'une pénurie annoncée

Le Québec occupe une place stratégique sur l’échiquier mondial des jeux vidéo. On y produit des divertissements électroniques pour tous les goûts et pour toutes les plateformes : consoles fixes ou portables, cellulaires ou internet.

Le manque de main-d’Å“uvre qualifiée est toutefois de plus en plus alarmant. Les compagnies continuent de grossir, et un déséquilibre se crée entre les travailleurs disponibles et les emplois offerts. La partie n’est pas encore gagnée dans cette industrie dynamique où il manque de joueurs.

La province accueille de plus en plus d’entreprises de jeux vidéo. Depuis l’implantation du plus grand studio de la multinationale française Ubisoft, en 1997, environ 70 compagnies liées à l’industrie du jeu vidéo ont élu domicile au Québec.

Jeux de séduction

Le plus grand défi des prochaines années sera de trouver assez de main-d’Å“uvre pour réaliser les visées expansionnistes du Québec. «Toutes les entreprises sont en période d’embauche, affirme le directeur du Sommet du jeu de Montréal, Alain Lachapelle. L’expansion est freinée par le manque de main-d’Å“uvre dans tous les secteurs de l’industrie.»

Les entreprises sont donc en mode séduction. Elles offrent généralement des conditions de travail alléchantes et de généreux salaires. Pierre Lebel, conseiller en multimédia au ministère du Développe­ment économique, estime que cette impulsion n’est pas sur le point de ralentir. «Les études démontrent qu’entre 600 et 700 postes seront créés chaque année pendant les trois prochaines années.» Le conseiller en multimédia croit que la formation de la main-d’Å“uvre est cruciale pour suivre les avancées technologiques et l’évolution des consoles. «Le travail va nécessiter des études beaucoup plus poussées. Des universités annonceront bientôt des programmes orientés vers le jeu vidéo.»

Les compagnies recherchent aussi des travailleurs expérimentés pour combler des postes de gestionnaires. De leur côté, les entreprises n’hésitent pas à faire la tournée des écoles pour promouvoir les carrières offertes dans l’industrie du jeu. «Il y a maintenant une explosion des demandes d’admission dans les écoles de jeu vidéo, affirme la responsable du projet, Roseline Bienvenu. Les jeunes connaissent les jeux, mais ils ignorent quelles carrières s’y rattachent.»

À l’échelle planétaire

Pour garder sa place au sommet, l’industrie québécoise du jeu vidéo devra affronter la montée de pays émergents comme l’Inde et la Chine. Pierre Lebel croit cependant que Montréal conserve son titre d’endroit le plus avantageux au monde pour développer des jeux. Cet avantage est pourtant fragile.  «La délocalisation constitue une menace pour notre industrie. Toutefois, la qualité des jeux est souvent moins bonne dans les pays émergents.»

Les travailleurs québécois ont acquis une réputation et une expertise qui leur assurent une place de choix à l’échelle mondiale.  

Trouver des travailleurs est un défi, savoir les garder en est un autre. Les employés jouent souvent à la chaise musicale. Devant toutes ces portes ouvertes, ils ont l’embarras du choix. «Les jeunes qui entrent sur le marché du travail font partie d’une génération mobile, explique Alain Lachapelle. Ils risquent de changer plusieurs fois d’employeur.»

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