Recherche d'emploi des jeunes diplômés: difficile, mais pas impossible
La crise économique qui secoue les marchés mondiaux n’a pas épargné le marché de l’emploi au Canada. Pour plusieurs étudiants dont les études tirent à leur fin, les prochains mois pourraient être porteurs d’inquiétude. Selon certaines prévisions d’experts, la situation ne serait toutefois pas sans espoir.
L’automne 2008 a amené son lot de mauvaises nouvelles aux travailleurs, qui ont vu 71 000 emplois disparaître au mois de novembre selon les données de Statistique Canada. Les jeunes Canadiens ont été particulièrement touchés par les coupures d’emplois; ainsi, les jeunes de 15 à 24 ans ont dû composer avec la disparition de 19 000 postes. Les hommes âgés de 25 ans ou plus ont quant à eux vu 40 000 des emplois qu’ils occupaient être abolis.
«C’est plus difficile pour les jeunes de se trouver un emploi en ce moment, a expliqué Steven Ambler, professeur de sciences économiques à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM. Les statistiques sur le chômage ne sont pas encore trop inquiétantes, mais il faut essayer de gratter sous la surface pour voir qu’on vient de connaître une chute assez importante du nombre d’emplois au pays.»
Faible croissance
La responsable des prévisions économiques à la Banque TD, Beata Caranci, a abondé dans le même sens dans un rapport publié en octobre. Mme Caranci a noté que, même si le Canada a semblé s’en être bien tiré en créant 87 000 emplois au cours des 8 premiers mois de 2008, il n’y a en réalité que 500 postes qui ont été créés si on ne tient pas compte du secteur de la construction. «Faisant partie d’une famille italienne, je compte autant de personnes qui viennent [à la maison] pour un repas familial le dimanche, a-t-elle écrit. J’exagère peut-être un peu, mais ce que je veux dire, c’est que notre marché de l’emploi est beaucoup plus faible que ne le laissent entendre les manchettes.»
La situation risque d’être particulièrement difficile dans la région de Montréal. Alors que 46 000 emplois y avaient été créés en 2007, le Conference Board évalue à seulement 2 000 les emplois qui seront créés en 2008. «La situation devrait demeurer la même à peu de choses près pour la période 2009-2012», peut-on lire dans le rapport du Conference Board de septembre.
Un peu de lumière
Tout ne semble cependant pas perdu pour les jeunes qui prendront d’assaut le marché du travail au cours des prochains mois. «Les difficultés liées à la recherche d’emploi dépendent beaucoup du domaine visé, a rappelé Steven Ambler. Par exemple, les abolitions de poste touchent beaucoup le secteur manufacturier. Mais les domaines liés à l’informatique devraient être épargnés. On ne peut pas en dire autant du secteur de l’automobile, en revanche.»
Une enquête de l’entreprise de placement Manpower publiée en décembre a révélé que les employeurs n’ont pas l’intention de faire une croix sur l’embauche dans les premiers mois de 2009.
Ainsi, 16 % des 1 800 employeurs sondés partout au pays ont indiqué avoir l’intention d’embaucher du personnel au cours des 3 premiers mois de 2009. La prévision d’emploi se situe toutefois à 7 %, puisque 9 % des employeurs interrogés estiment devoir réduire leurs effectifs. «Malgré le ralentissement général de l’économie, les données révèlent que les employeurs canadiens continueront d’augmenter leurs effectifs à un rythme légèrement plus soutenu qu’aux trimestres précédents», a précisé Lori Rogers, vice-présidente des opérations de Manpower Canada.
Selon l’enquête de Manpower, le commerce de gros et de détail et le secteur de la construction devraient connaître d’excellentes perspectives d’emploi d’ici à la fin mars 2009. Le niveau de recrutement dans le secteur de l’éducation devrait quant à lui demeurer stable en comparaison avec l’année 2008. Enfin, le climat d’embauche s’annonce difficile dans les domaines touchant aux finances, aux assurances et à l’immobilier.