Marie Dekker: sa vie sur les rails
À 25 ans, Mélanie Dekker était en pleine remise en question professionnelle. «Je n’aimais pas ce que je faisais et je me cherchais une carrière « à vie »», dit celle qui est maintenant chef de train depuis deux ans.
C’est son père qui la guide vers la profession de chef de train. «Je voulais un métier qui était manuel. Je ne me voyais pas dans un travail de bureau où je passerais mes journées à l’intérieur devant un ordinateur», indique la jeune femme qui aime se retrouver dehors, hiver comme été, et beau temps, mauvais temps.
Et étonnamment, elle souhaitait pouvoir travailler sur appel. «Cet aspect du travail me plaisait. C’est moi qui gère mon horaire de travail. Il y a des semaines de 30 heures, comme d’autres de 60, c’est moi qui décide», poursuit la jeune femme qui a joint l’équipe du Canadien Pacifique tout de suite après sa formation au cégep André-Laurendeau.
C’est elle qui mène
En tant que chef de train, c’est elle qui assemble les wagons en suivant une série de normes et de règles de sécurité pour former les convois de marchandises. C’est aussi elle qui voit à ce que les wagons soient acheminés au bon endroit et qui agit aussi à titre de copilote auprès du chef de la locomotive.
Être chef de train demande beaucoup d’endurance et de cardio, car il y a de gros outils très lourds à manipuler. «À la fin de la journée, j’ai vraiment l’impression d’avoir travaillé!» affirme Melanie Dekker. «Même s’il y a une tonne de règlements à respecter, je trouve que j’ai beaucoup de libertés quand je travaille. À tel point que j’ai parfois l’impression d’être mon propre patron», poursuit-elle.
Malgré le fait qu’elle évolue dans un monde d’hommes, elle avoue qu’ils lui rendent la vie assez facile. «Au CP, on est deux ou trois dans la même équipe et ça change l’atmosphère. Les gars sont vraiment corrects avec nous.»
La formation
«La formation de chef de train est directement liée aux besoins du marché du travail. Les horaires de cours sont atypiques. Ils peuvent avoir lieu le matin, l’après-midi, le soir ou la fin de semaine pour convenir à la disponibilité de nos enseignants, qui sont tous actifs dans le domaine. Cela prépare les étudiants à la réalité de l’industrie», explique Maria Teresa Hillar, la responsable du programme au cégep André-Laurendeau.
L’aspirant chef de train doit passer par un processus rigoureux de sélection qui comprend plusieurs tests, notamment de logique, d’acuité visuelle et de perception des couleurs, et une entrevue de sélection. «Comme de futurs employeurs sont présents à cette entrevue, cela permet pratiquement d’assurer un emploi aux étudiants avant même qu’ils aient fini leur cours», précise Mme Hillar. Le taux de placement dans le domaine avoisine les 95?%.