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Lara Butstraen, criminologue

Ce qui l’intéresse le plus dans son travail? Lara Butstraen pèse bien sa réponse. «Trouver le sens.» Selon cette jeune criminologue de 35 ans, «il y a toujours un sens à un acte. On ne le trouve pas toujours de premier coup, mais on le trouve»!

Le criminologue est un spécialiste de tout ce qui touche le crime et, lorsqu’il choisit de faire un travail de terrain, il rencontre sa clientèle (délinquants, psychiatrisés ou enfants en difficulté, selon le milieu), analyse ses besoins et la nature du crime commis, s’il y a lieu.

En tant que spécialiste, il fera un suivi avec le client ou collaborera avec d’autres professionnels, comme les intervenants et les travailleurs sociaux, pour trouver les causes et les facteurs aggravants (les fréquentations, un problème de toxicomanie, des traits de personnalité) et pour établir un plan d’action vers une amélioration du comportement. Des solutions qui passent par des voies légales, sociales et psychologiques.

C’est précisément ce que Lara Butstraen tente de faire en centre jeunesse depuis 2007, d’abord en protection de la jeunesse, puis en tant qu’agente de programmation et de recherche. Auparavant, elle a travaillé pendant plusieurs années dans le milieu des libérations conditionnelles. Pourquoi changer?
«J’ai toujours travaillé avec les adultes, en psychiatrie et en centre de détention, sauf dans le cadre de ma maîtrise qui se faisait auprès des adolescents. J’avais envie de travailler avec les jeunes, simplement pour toucher à une clientèle différente.»

À chaque problème sa solution
«Ma vision à moi est qu’il y a toujours de l’espoir, mais quand la clientèle est plus jeune, on est à moins d’années de souffrances et de difficultés. En intervenant plus tôt dans leur vie, on espère qu’il y aura moins d’effets indésirables plus tard.»

L’intervention n’est pourtant pas si différente auprès d’un adulte ou d’un enfant. «Selon mon expérience personnelle, les adultes vont davantage maîtriser leurs réactions dans le cadre du suivi, alors qu’un jeune va davantage exprimer ses frustrations de façon impulsive.»

Au-delà du fait divers Lara Butstraen n’a jamais été une adepte d’affaires criminelles relatées dans les journaux. «Je n’ai aucun intérêt pour le sensationalisme! J’ai été attirée vers ce champ d’études parce que j’avais une curiosité pour les différentes branches qui étaient au programme : le droit, la psychologie, la sociologie.»

Elle s’était d’abord inscrite en littérature, suivant les conseils de son entourage qui la voyait en enseignement. «Mais ce n’était pas ma petite voix à moi qui parlait!» La criminologie éveillait davantage sa curiosité.

Elle se considère comme une «sensible réfléchie» et pense qu’il faut aborder les problèmes avec le plus d’objectivité possible. Il faut faire les choses dans la mesure de nos moyens et on ne doit pas prendre en charge tout ce qui ne nous appartient pas.

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