Formation et emplois

Former plutôt que mettre à pied

Nathalie Villeneuve - Métro

Comment tirer profit de la crise en investissant dans la formation? La réponse réside dans le programme de Soutien aux entreprises à risque de ralentissement économique (SERRÉ), applaudi autant dans le monde patronal que syndical.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le ralentissement économique constitue une belle occasion d’investir dans la formation, estime Jacques Leblanc, vice-président des politiques en développement de la main-d’Å“uvre au Con­seil du patronat du Qué­bec. En période de prospérité, «les entreprises n’ont pas le temps. Toute l’énergie est consacrée à la production, même le temps supplémentaire».

Argent frais
Le SERRÉ est une raison de plus de se tourner vers la formation du personnel. Il permet d’utiliser la réduction des heures de travail pour développer les compétences grâce à de la formation subventionnée. Une priorité est accordée au secteur manufacturier.

Le 23 mars, le gouvernement de Jean Charest annonçait l’octroi d’une enveloppe de 25 M$, s’ajoutant aux 25 M$ déjà injectés pour les exercices 2008-2009 et 2009-2010. «C’est très populaire, il y a très peu d’administration, on va à l’urgence, explique M. Leblanc. Plutôt que de faire des mises à pied et d’avoir des problèmes de recrutement plus tard, on investit dans la formation, tout en créant un sentiment d’appartenance. C’est une formule gagnant-gagnant.»

Claudette Carbon­neau, présidente de la CSN, ap­prouve. «Surtout dans un contexte où se développe une pénurie de la main-d’Å“uvre, on a tout intérêt à fidéliser les travailleurs en améliorant leurs compétences.»

La petite entreprise?
Fait à noter, toutes les entreprises, peu importe leur taille, sont visées. Un gain pour ceux qui déplorent que les PME échappent maintenant plus facilement à la norme de dépenses en formation, qui représente 1 % de la masse salariale. Depuis 2007, la Loi sur les compétences (qui remplace l’ancienne Loi sur le 1%) a élevé la masse salariale des entreprises visées à 1 M$. Auparavant, ce seuil était de 250 000 $. Mais des avancées ont été faites pour valoriser la formation continue dans les entreprises plus modestes, admet Mme Carbonneau.

Les PME non assujetties à la Loi peuvent obtenir une aide financière «pouvant aller jusqu’à 50 %» si leur projet de formation en entreprise répond aux critères, illustre Claude Morin, porte-parole  d’Emploi-Québec. Le Program­me d’apprentissage en milieu de travail, par exemple, a recueilli 4 296 inscriptions l’année dernière, une augmentation de 11,5 % par rapport à l’année précédente.  «La règle, dans le monde, c’est que les grandes entreprises consacrent plus d’argent à la formation, note Jacques Leblanc. Mais on ne peut pas dire que la petite entreprise ne forme pas. Elle le fait, mais de façon moins structurée.»

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