Formation et emplois

Å'uvrer en coulisse pour les vedettes

Catherine Girouard, Métro

Le Québec a son lot d’artistes dont les talents font la fierté de plusieurs. Mais derrière eux se cachent des gens qui travaillent au développement de leur carrière et qu’on a tendance à oublier. Portrait du métier peu connu de gérant d’artiste.

«Un artiste n’a pas le temps de penser au développement de sa carrière, souligne Michel Vaudry, conseiller aux admissions de l’École du show-business. C’est là que le gérant d’artiste entre en jeu.»
Un gérant doit donc travailler sur plusieurs volets. En plus d’offrir un soutien moral et psychologique à l’artiste, il doit entre autres trouver des subventions et des commandites, négocier et signer des contrats de spectacles et en faire la promotion. Il s’occupe aussi de la publicité et des relations avec les médias. Il peut également avoir à diriger des tournées et à organiser des lancements de disques et de spectacles.

Deux écoles
L’institut Trebas, qui fête son 30e anniversaire cette année, offre un cours spécifique de gérance d’artistes. L’école propose donc une formation technique, comprenant des cours variés, touchant aussi bien à la psychologie qu’à la gestion d’un budget.

L’École du show-business, qui a ouvert ses portes en 1994, offre quant à elle une formation d’Agent de commercialisation en développement artistique. Le programme permet entre autres aux diplômés d’exercer les métiers de directeur de tournée, d’agent de spectacle, d’agent de promotion, de relationniste de presse et de producteur de spectacles.

Les diplômés des deux écoles ont un très bon taux de placement, 80 % en moyenne, selon les responsables des institutions. 

La parole à Mélanie Urquhart, enseignante et conseillère aux admissions de l’Institut Trebas. 

Quelles qualités faut-il avoir pour être un bon gérant?
Il faut avoir certaines notions de psychologie et être patient. Un gérant aura souvent à tempérer l’humeur de l’artiste et parfois à briser son égo. Il faut aussi être à l’aise avec la comptabilité et les contrats. À mon avis, avoir un certain âge ou jouir d’une bonne maturité est un atout.

Est-il essentiel d’avoir une formation pour réussir dans ce domaine?
J’ai un avis mitigé à ce propos. Quelqu’un peut être un bon gérant sans avoir reçu de formation spécifique, mais je crois que pour réussir à bien gérer toute la paperasse, certains cours sont essentiels. Par exemple, avoir une formation en comptabilité est primordial. Avoir suivi des cours en marketing est aussi un atout. Plus un gérant aura d’outils, mieux ce sera.

Y a-t-il beaucoup d’emplois à Montréal dans ce domaine?
Énormément. Il n’y a pas beaucoup de gérants, mais plusieurs compagnies de gestion cherchent à en engager. Et l’éventail d’emplois possibles est vaste.  Quelqu’un peut être amené à travailler à la gestion de projet ou d’événements très diversifiés, à travailler pour un festival ou encore une boîte de spectacles.

Quel est le plus bel aspect du métier?
C’est la fierté de voir un projet mené à terme et de voir son équipe gagner, car le gérant travaille en concert avec son artiste, évidemment, mais aussi avec un agent et plusieurs autres personnes. Après avoir bûché fort, il n’y a pas de plus belle récompense que la fierté d’avoir réussi.   

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