Formation et emplois

Technique de soins préhospitaliers d'urgence: Bonnes perspectives

En ces temps d’incertitude économique, rares sont les formations qui peuvent se targuer d’offrir un taux de placement frisant les 100 %. C’est le cas de la technique de soins préhospitaliers d’urgence. Les finissants doivent toutefois faire face à d’autres défis liés à la profession d’ambulancier.

Le DEC en technique de soins préhospitaliers d’urgence n’est offert, en français, qu’au Cégep Ahuntsic dans la région de Montréal. Chaque année, quelque 170 étudiants, sur 550 demandeurs, y sont admis. Selon les statistiques fournies par Service Canada, le taux de chômage chez les diplômés n’était que de 3 % en 2007, bien loin des 10 % enregistrés dans les autres professions.

«Quelqu’un qui veut travailler et qui est prêt à travailler n’aura pas de difficulté à se trouver un emploi d’ambulancier puisqu’il y a une pénurie de main-d’Å“uvre dans ce domaine, explique Steve Legault, responsable de la coordination du département des Soins préhospitaliers d’urgence du Collège Ahuntsic. Les entreprises ambulancières et la corporation Urgences-santé viennent régulièrement ici pour recruter des étudiants. S’ils ont un relevé de notes acceptable et s’ils réussissent l’examen d’entrée, ils sont embauchés.»

Formation exigeante
Les étudiants inscrits à la technique de soins préhospitaliers d’urgence du Cégep Ahuntsic doivent compléter une formation de 2 085 heu­res qui mène à la profession d’ambulancier. Sur le lot, 800 heures sont dédiées à des enseignements théoriques. Les autres sont faites d’exercices pratiques. «Au terme de ce cours, le diplômé doit être capable de répondre à toutes les situations d’urgence», précise M. Legault.

Les étudiants ont ainsi droit à des cours de biologie, de physiopathologie (qui aborde tous les types de maladies), de microbiologie- immunologie (qui concerne les maladies infectieuses), de psychopathologie (qui traite notamment de bipolarité et d’idées suicidaires), de pharmacologie (qui permet de reconnaître et d’administrer des médicaments) et d’éthique de travail.

Les apprentissages acquis sont ensuite mis en pratique dans des contextes de simulation. Trois stages sont également prévus tout au long de la formation. «Au tout début de la formation, il y a un stage d’observation dans une ambulance, indique Steve Legault. Ce stage permet à l’étudiant de voir s’il est fait pour ce métier, s’il aime ça et si ça correspond à ses attentes.»

Suivent ensuite deux stages en milieu de travail,dont un stage d’intégration qui comprend 105 heures en milieu hospitalier et 300 heu­res dans une ambulance.

Important roulement
Service Canada a noté, en 2007, que la profession d’ambulancier connaissait un important taux de roulement. Pour cette raison, le métier ne compte que 25 % de travailleurs âgés de plus de 45 ans, alors qu’au sein des autres professions, ce taux est de 35 %.

Même si, au départ, les conditions de travail ne semblent pas effrayer les étudiants, il semble que le nombre des années pèse lourd sur les techniciens en soins préhospitaliers d’urgence.
«Je ne pense pas que le stress et les conditions salariales découragent les étudiants puisque nous avons beaucoup de finissants, note M. Legault. Mais lorsqu’ils arrivent sur le marché du travail, le taux de rétention n’est pas très élevé. Au bout de trois ou quatre ans, plusieurs quittent en raison du stress, des conditions de travail, du salaire ou des horaires de travail. Tout ça désillusionne les jeunes.»

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