Formation et emplois

Moisson Montréal, mission capitale

«Le rôle social de l’organisme est ma motivation première. Je ne me vois pas assumer les mêmes tâches pour une entreprise à but lucratif, confie Johanne Théroux, directrice de Mois­son Montréal depuis plus de cinq ans. C’est un privilège de travailler pour cet organisme, car c’est un véhicule de changement incroyable.»

Le parcours professionnel de Mme Théroux a commencé lorsque, en plus d’être mère à temps plein, elle est devenue réceptionniste à temps partiel au Centre de services sociaux des Basses-Lauren­tides. Puis, elle a occupé des postes administratifs de plus en plus importants au sein de l’organisation, tout en se perfectionnant. Au fil du temps, elle a obtenu un certificat en administration ainsi qu’un baccalauréat en travail social de l’Université Laval.

Ne trouvant sa place ni dans les centres jeunesse où, selon ses propres dires, elle se laissait trop atteindre par les difficultés des jeunes, ni dans un CLSC, elle s’est retrouvée dans une maison de quartier où elle pouvait enfin intervenir de façon plus directe. «Dans le do­maine communau­taire, nous avons moins de con­traintes administratives. J’avais enfin l’espace nécessaire pour mettre à profit ma créativité dans la résolution de problèmes et je pouvais être plus près de la population.»

Dans le cadre de ses fonctions, elle a mis sur pied une cuisine collective et de l’aide alimentaire. Puis, on lui a offert de tenir la barre d’une banque alimentaire dans les Basses-Laurentides. «Le fait d’être de l’autre côté de la clôture me donnait la chance d’aider davantage de gens en amont des problèmes que j’avais identifiés quand je faisais du terrain. Ça m’amenait à pouvoir faire des changements fondamentaux.»

Passionnée
Un an et demi plus tard, le destin l’a amenée chez Moisson Montréal, où on lui a offert le poste de directrice. «C’est la passion qui fait qu’on avance, qu’on est curieux, qu’on développe de nouvelles compétences et qu’on est remarqué», suppose cette femme qui n’a jamais eu de plan de carrière.

Et ça prend de la passion pour travailler dans ce milieu où la tâche est lourde et où les moyens sont restreints. À cause de la conjoncture économique, la prochaine année ne s’annonce pas de tout repos. Les moyens diminuent alors que les demandes augmentent. Une nouvelle clientèle est apparue, peu habituée à demander de l’aide, mais qui n’arrive plus à joindre les deux bouts à cause d’une réduction des heures de travail ou d’une perte d’emploi.

«Pour faire ce que je fais, il faut savoir trouver des solutions novatrices à des problè­mes parfois persistants, et avoir une compétence minimale en gestion (être capable de lire des états financiers, par exemple).»

Selon elle, on doit bien connaître les milieux communautaire et agroalimen­taire, mais aussi celui des gens d’affaires. «Pour aller chercher de l’argent ou de l’expertise auprès d’eux, il faut comprendre leur univers», affirme-t-elle. Johanne Théroux n’a pas perdu son dynamisme et son envie de faire avancer les choses, et elle se sent prête à relever les nombreux défis qui l’attendent.

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