Formation et emplois

L'aéronautique offre de bonnes perspectives malgré tout

Il y a un an à peine, Bombardier était emballé par le démarrage de la production de la Série C. On prévoyait alors créer, de 2008 à 2010, pas moins de 3?500 emplois, et on se demandait où trouver tous ces nouveaux travailleurs. Les établissements d’enseignement envisageaient offrir de la formation la nuit et les fins de semaine pour combler cette demande immense.

Plusieurs indices laissent croire que ces prévisions ne se matérialiseront pas de sitôt. Récession oblige, les clients potentiels ne se sont pas manifestés, et le carnet de commandes reste dégarni. Or, en aéronautique, ce sont les commandes qui créent les emplois. Un constructeur aéronautique ne construit un appareil que lorsqu’il a reçu une promesse d’achat d’un transporteur aérien. Sans nouvelles commandes, il ne construira et n’embauchera donc pas. Pire, s’il perd des commandes, il sera peut-être obligé de mettre des travailleurs à pied.

Zone de turbulence
Les entreprises de ce secteur nous présentent souvent des perspectives d’embauche basées sur des commandes à venir qui, malheureusement, ne se matérialisent pas. Alors, les nouveaux emplois prévus ne sont plus au rendez-vous. Cependant, lorsque la perte d’une commande conduit à une mise à pied, une autre commande inattendue permet souvent de rappeler les employés au travail. Ces réalités nous expliquent pourquoi les perspectives d’emploi de ce secteur changent continuellement.

Ces fluctuations font la joie des journalistes. Suivre les péripéties de l’emploi en aéronautique est devenu un passe-temps national au Québec. Elles sont néanmoins sources de confusion et d’inquiétude pour les jeunes qui s’intéressent à ce secteur d’activités et pour les travailleurs qui y ouvrent déjà. S’agit-il, oui ou non, d’un secteur d’avenir?

Vision à long terme
Il nous faut ici adopter une vision à long terme. C’est ce que fait d’ailleurs le Bilan 2008 du Comité sectoriel de main-d’ouvre en aérospatiale (CAMAQ). Ainsi, de 1984 à 2007, chaque année, la valeur de notre carnet de commandes aéronautique a augmenté de 9,5?% en moyenne. L’emploi a donc aussi augmenté. Quelque 20?000 Québécois seulement travaillaient en aéronautique en 1984; ils étaient plus de 46?000 en 2008.

Cette croissance des commandes et de l’emploi pourra continuer si le secteur de l’aéronautique trouve les ouvriers dont il a besoin. Le CAMAQ prévoit d’excellentes perspectives pour les machinistes, les tôliers et les soudeurs. Tous les spécialistes du secteur sont également recherchés, dont les mécaniciens d’aéronefs, les techniciens en avionique et les monteurs d’aéronefs. Rappelons que des établissements comme l’École des métiers de l’aérospatiale, à Montréal, et l’École nationale d’aéronautique, au collège Édouard-Montpetit de Longueuil, forment à ces métiers.

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