Formation et emplois

Carrière artistique : un choix précaire

Opter pour une carrière artistique n’est souvent pas un choix très lucratif. Alors qu’en 2005 les Qué­bécois ont gagné 32 600 $ en moyenne, les artistes, quant à eux, n’ont eu qu’un revenu de 24 600 $, selon les données du recensement canadien de 2006 analysées par Hill Stratégies.

Ces chiffres n’illustrent toutefois pas la grande disparité de revenu qui sépare les différents professionnels de la création. Toujours selon la même étude de Hill Stratégies, le producteur moyen a fait presque 40?000?$ en 2005, tandis que ses collègues Å“uvrant dans les domaines de la danse, des arts visuels et de la musique ont dû se contenter de moins de 15 000 $.

«En 2008, une personne qui travaille à temps plein au salaire minimum fait un peu plus 16 000 $, explique Raymond Legault, président de l’Union des artistes (UDA). Un peu moins du quart de nos membres ont gagné plus que cette somme dans le secteur culturel.»

Un petit marché
Pourquoi nos artistes tirent-ils le diable par la queue? Parce qu’ils sont plusieurs à postuler pour le même emploi. La petite taille de la population québécoise, combinée à la grande offre de produits culturels, n’aide pas non plus. «À la télévision comme au cinéma, même si une production est un succès phénoménal, les profits resteront assez minces», reconnaît M. Legault.

Aux prises avec des revenus précaires, plusieurs n’ont souvent pas le choix d’occuper un deux­ième emploi pour arrondir les fins de mois. «Lorsqu’on est jeune, il est plus facile de se limiter à l’essentiel et de mener deux carrières de front, admet Bastien Gilbert, directeur général du Regroupement des centres d’artistes autogérés du Québec. Avec l’âge, certains ont d’autres besoins qu’ils n’arrivent pas à combler, comme celui d’élever des enfants, si bien que plusieurs artistes changent de métier.»

Une carrière artistique n’est pas nécessairement une condamnation à la pauvreté, défend la harpiste Marie-Michèle Beausoleil. Depuis 5 ans, cette musicienne de 27 ans réussit à gagner un salaire comparable à celui de la moyenne des professionnels québécois. «Il y a du travail pour les musiciens, affirme-t-elle. C’est certain qu’on ne sait jamais son salaire à l’avance, mais je suis fière de pouvoir dire que je suis débrouillarde et que je réussis à tirer mon épingle du jeu.»

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