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Travailleur humanitaire: La profession de toutes les urgences

Depuis près de 20 ans, Michel Lefebvre est travailleur humanitaire pour Oxfam-Québec. Il était en Haïti depuis un an lorsqu’un séisme a secoué l’île, le 12 janvier dernier. Après un séjour de quelques semaines au Canada, M. Lefebvre est  reparti à la rencontre du peuple haïtien pour poursuivre sa mission.

Pour lui, l’aventure a commencé en 1992, alors qu’il était professeur de maroquinerie au Rwanda. Au cÅ“ur de la guerre civile, M. Lefebvre a décidé de s’investir au sein d’Oxfam-Québec «comme appui aux équipes en place, afin d’aider dans les camps de personnes déplacées».

En 1994, il devient coordonnateur des secours d’urgence, mais il est évacué quelques mois plus tard lorsque le conflit dégénère en génocide. M. Lefebvre s’envole alors pour le Burundi, où il de­vient là également coordonnateur des secours d’urgence et représentant d’Oxfam-Québec. «À cette époque, on s’occupait de près de 200 000 personnes déplacées à cause du conflit rwandais», explique-t-il.

Durant près de 20 ans, Michel Lefebvre a effectué des missions sur plusieurs continents: Afrique, Asie, Amé­rique centrale… Il est venu en aide aux sinistrés de l’ouragan Mitch, au Honduras, en 1998, et aux habitants des îles Canaries, frappées par une série de quatre ouragans en 2008. Et lorsqu’il s’est arrêté deux ans à Montréal, il l’a fait en qualité de responsable des missions humanitaires au siège d’Oxfam-Québec.

La débrouillardise sous toutes ses formes

Lors du séisme en Haïti, Michel Lefebvre coordonnait depuis un an un projet agricole, financé par le gouvernement canadien, dans six départements du pays. «Ma maison a été complètement détruite par le séisme. Je suis resté deux semaines après le tremblement de terre, pour aider les équipes d’urgence. Je savais comment fonctionner dans cet environnement chaotique où tout est difficile à obtenir.»

Car, au cÅ“ur de son métier il y a justement la débrouille sous toutes ses formes. «On peut être amené à se rendre à l’aéroport pour recevoir les marchandises, à participer aux réunions de coordination avec les organisations internationales, à embaucher du personnel, à contacter les fournisseurs pour acheter du matériel d’urgence… Autant dire que les journées passent très vite!»

Parce que dans certaines missions le contexte politique est plus délicat, Michel Lefebvre doit sans cesse avoir une longueur d’avance pour veiller à sa sécurité. En plus d’Å“uvrer et d’habiter en groupe, les travailleurs humanitaires instaurent souvent un couvre-feu pour quitter leurs bureaux et se tiennent informés de l’évolution de la situation dans tous les quartiers de la ville.

«Il faut aussi que tout le monde ait un système de communication qui soit opérationnel, même dans un pays où peu de maisons ont l’électricité. Ça prend aussi un peu de nourriture sèche, d’eau et d’équipement (lampes de poches, allumettes, bougies) pour pouvoir être fonctionnel pendant trois ou quatre jours au cas où on serait obligé de rester à la maison.»

Les débouchés dans le milieu de l’humanitaire

La formation :
«Ça prend généralement un diplôme universitaire, dans différents domaines. Il faut aussi avoir une expertise dans un domaine précis, avec un minimum de deux à trois années d’expérience, idéalement dans un pays en développement», selon Lyne Lemieux, chargée de recrutement chez Oxfam-Québec.

Les qualités :

«Il faut une bonne capacité d’analyse et de synthèse, des habilités de communication, de la débrouillardise… Le coopérant doit aussi avoir une bonne santé, car il sera amené à travailler dans des pays où les risques de maladies tropicales sont élevés», affirme Lyne Lemieux.

 Les contrats :
«Ils sont souvent d’une durée de deux ans. À partir du moment où il existe une demande, les contrats des coopérants peuvent être pro­longés pour d’autres mandats pour lesquels ils possèdent de l’expertise», dit Mme Lemieux. Chaque semai­ne, Oxfam-Québec a environ sept ou huit ouvertures de postes. «Générale­ment, ces postes ne sont pas rémunérées, mais offrent une allocation qui couvrent les frais de subsistance du coopérant. Seuls les postes de chef de projet, ou de représentant d’un pays, sont rémunérés.»

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