Formation et emplois

Les nouveaux médias: Métiers mouvants

Les nouveaux médias ont créé des métiers à leur image, en constante transformation. Les professionnels du domaine gardent le cap sur un seul point de repère : le changement. Il n’y a pas si longtemps, les études en multimédias interactifs à l’UQAM étaient centrées sur la programmation de sites internet et l’élaboration de CD-ROM. La discipline porte maintenant l’étiquette «médias interactifs» et se tourne vers un métissage de l’art médiatique et du design extérieur.

Rêveurs
Louis-Claude Paquin, professeur à l’École des médias de l’UQAM, parle d’«environnements augmentés». Stades de football et quartiers historiques interactifs, bars et ponts équipés d’un système d’éclairage évolutif ou sensible à l’environnement… «Avant, on passait pour des rêveurs. Aujourd’hui, c’est un créneau qui se développe. Des firmes montréalaises comme Moment Factory accueillent et embauchent nos stagiaires.»

Fini le papier
Immense malaxeur pour les médias écrits, le phénomène du Web 2.0 et de ses réseaux sociaux, comme Twitter et Facebook, transforme le travail des journalistes et des professionnels de l’information. «On s’adapte et on suit de la formation sans cesse», dit Marie-Christine Tremblay, édimestre pour plusieurs sites internet chez Médias Transcontinental. Exit le papier. Son matériau de base est interactif. «Tous nos articles sont conçus pour qu’il y ait des liens, de la profondeur.» Les fenêtres d’information et les liens vers d’autres articles sont la norme.

Le référencement est un art à maîtriser. Les textes comprennent obligatoirement des mots-clés qui y attireront le plus de lecteurs possible, via les moteurs de recherche. Il faut aussi alimenter en contenu la téléphonie mo­bile et diverses plateformes comme MSN, Sympatico, Twitter et Facebook.

De l’écriture à la technique
L’écrivain Raymond Viger a été happé par la même ébullition technologique quand il est devenu blogueur, il y a 10 ans. «Mon premier défi a été la technique. J’écris depuis 35 ans. Là, je n’arrête pas d’apprendre.» Rédacteur en chef du magazine Reflet de société, directeur du Journal de la rue et du Café Graffiti, Raymond Viger offre maintenant des formations aux blogueurs en devenir.

«Écrire, c’est une chose. Mais habiller le texte, c’est long.» Le référencement, le travail d’édition, puis la diffusion grugent beaucoup de son temps. «Mais ça ne me donne rien d’écrire si personne ne me lit.» Jusqu’à récemment, les sites «Digg-like», où les internautes votent pour leurs blogues favoris, étaient l’outil de webmarketing idéal.

Mais ces sites ne sont pas rentables et disparaissent, explique M. Viger, qui prédit que de nouveaux modèles d’affaires vont se dessiner. «Chaque blogueur va trouver sa formule.»

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