Formation et emplois

Des événements et des émotions

Savez-vous que les émotions que vous ressentez ne sont pas uniquement suscitées par votre environnement? Elles viennent également de vous. En effet, les gens réagissent différemment aux événements. Un étudiant sera ravi d’obtenir une note de 84 % à un examen, tandis que la même note en plongera un autre dans la déprime. Ce n’est pas la note qui crée l’émotion, c’est l’interprétation qu’en font les étudiants. Albert Ellis a créé le modèle ABC pour expliquer que l’environnement n’est pas toujours la cause de nos émotions et de nos réactions.

Le A vaut pour Acti­vation. Prenons un exemple : ce matin, Martin a été accueilli par son patron, qui lui a dit qu’il devait lui parler au cours de la journée. Le C correspond aux Conséquences, tant émotionnelles que comportementales de A. Par exemple : Martin est persuadé que son patron veut le mettre à la porte. Il n’arrive pas à se concentrer et décide de partir plus tôt afin que la rencontre n’ait pas lieu.

À première vue, A est la cause de C. On pourrait donc croire que c’est parce que son patron lui a dit qu’il voulait lui parler que Martin néglige son travail et qu’il songe à partir plus tôt.

Théorie bidon

Cette théorie ne tient évidemment pas, parce qu’un autre employé dans la même situation que Martin aurait pu se dépêcher d’aller voir son patron dans l’espoir que ce dernier lui offre une promotion. La réaction (le C) que vous avez face à un événement (le A) ne dépend pas de l’événement proprement dit, mais de la manière dont vous l’interprétez.

Cette manière, nous l’appellerons B, ou Base du raisonnement. Voici le B de Martin : Martin s’est immédiatement imaginé le pire. Il s’est rappelé les erreurs qu’il avait commises quel­que temps auparavant et il en a conclu que son patron voulait le renvoyer. Il a alors éprouvé un profond sentiment d’impuissance et de découragement.

C’est B, et non pas A, qui est à l’origine du comportement et de l’état mental de Martin. S’il avait interprété différemment l’accueil de son patron (il veut me féliciter, m’offrir une promotion, avoir mon avis sur la nouvelle campagne publicitaire, etc.), sa réaction aurait été autre et il n’aurait pas eu à subir, le lendemain, les conséquences de son départ précipité.

Combien de décisions lourdes de conséquences avez-vous prises, au fil des ans, en réagissant à ce que vous disait votre imagination? Les émotions, tant négatives que positives, peuvent nous rendre de grands services, pour autant que notre perception de la réalité soit valable.

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