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Le secret du succès des Molson

Deux cent vingt-quatre ans après sa création, Molson demeure une des plus importantes brasseries d’Amérique du Nord. Geoff Molson explique comment l’entreprise familiale s’y prend pour rester au sommet.

Rares sont les entreprises qui parviennent à demeurer au sommet pendant plus de deux siècles. C’est pourtant ce que la brasserie Molson est parvenue à faire. Fondée en 1786 par John Molson, l’entreprise familiale en est à sa septième génération de dirigeants. Invité mercredi par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain à prononcer une allocution, Geoff Molson, qui agit à titre d’ambassadeur de Molson Coors Canada, a expliqué à un parterre particulièrement attentif le secret du succès des Molson.

«John Molson était un visionnaire qui était animé par des principes et des belles valeurs, a rappelé Geoff Molson, qui est aussi président du conseil d’administration du Canadien de Montréal. Son héritage nous motive encore aujourd’hui.» Arrivé chez Molson à titre de livreur de bière, Geoff Molson a graduellement gravi les échelons de l’entreprise.

«Porter le nom de Molson ne garantit pas une place dans l’entreprise, a-t-il expliqué. Ma culture familiale m’a appris qu’il ne faut jamais rien tenir pour acquis et qu’il faut
travailler plus fort que les autres pour réussir. Lorsque j’ai eu mon premier emploi chez Molson, mon père, Eric, a appelé mon patron pour s’assurer que je n’aurais pas de traitement de faveur. Et je n’en ai pas eu.»

Cette éthique du travail, alliée à un parti pris pour la clientèle, a permis à Molson de se maintenir en tête de peloton des brasseries nord-américaines. «Au secondaire, je jouais dans une ligue de hockey, a raconté Geoff Molson. J’étais un joueur robuste qui n’avait pas peur des punitions. Un certain soir, j’ai écopé de trois punitions, mais mon équipe a quand même gagné.

À la fin du match, mon père est venu me voir. Je m’attendais à ce qu’il me félicite pour la victoire, mais il m’a plutôt dit : « Est-ce que tu réalises que ton nom est sur ton chandail? Il y a maintenant 20 personnes qui te détestent. » C’est à ce moment que j’ai compris l’importance de chaque client!»

Convaincus que le client est l’ultime juge de leur travail, les Molson espèrent être en mesure de demeurer des leaders pour plusieurs générations.«Nous avons appris que la prospérité à long terme de l’entreprise doit être une priorité, a indiqué Geoff Molson. Les décisions sont prises en fonction de l’intérêt de la compagnie, et non de celui de la famille.» Bien implantée à Montréal, Molson espère devenir la meilleure et la plus grande brasserie du monde.

Préparer les générations futures

Geoff Molson a expliqué que la vision à long terme faisait partie intégrante du développement de l’entreprise familiale. «Nous pensons en fonc­tion des générations futures et non pas en terme de résultats trimestriels», a-t-il expliqué. Les futures généra­tions de clients font aussi partie des préoccupations des Molson, mais pas uniquement en raison des ventes qu’elles pour­raient générer.

«John Molson disait que nous faisons partie d’une communauté et que nous devons tous faire notre part, a indiqué Geoff Molson. Nous som­mes fiers d’être québécois et nous voulons soutenir les communautés.» Pour ce faire, trois fondations ont été créées par les Molson. Grâce à elles, des hôpitaux, des théâtres et des centres communautaires ont notamment été construits. 

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