Formation et emplois

Chemin ardu du Sud au Nord

Ingris Zepeta est originaire du Guatemala. Cette enseignante de formation a été contrainte de quitter son pays en 2005 et habite à Montréal depuis 2006.

Une fois par mois, Métro propose, en collaboration avec le projet
Alliés Montréal de la Conférence régionale des élus de Montréal (CRÉ),
des portraits de personnes immigrantes qui ont réussi à s’intégrer dans
leur milieu de travail.

Victime d’intimidation et de vandalisme au Guatemala, Ingris
Zepeta a quitté son pays en catastrophe en 2005. Enceinte de cinq mois,
elle a laissé derrière elle ses parents, son travail et tout ce qu’elle
avait pour trouver refuge aux États-Unis d’abord, où elle a accouché,
puis à Montréal, où deux de ses frères s’étaient installés plusieurs
années auparavant.

«La violence est encore très présente au Guatemala.» Enseignante auprès
de jeunes enfants, Ingris était très impliquée auprès d’une communauté
de citoyens opprimés. Pendant qu’elle était au travail, son appartement
a été saccagé, et des documents ont été volés. Même maintenant, la
jeune femme de 29 ans en parle avec prudence, car sa famille, restée là-bas, a subi des menaces après son départ.

À son arrivée à Montréal, en juillet 2006, elle se sentait découragée;
elle avoue avoir vécu de la dépression. Elle avait fait tant d’efforts
pour améliorer les conditions de vie des habitants et avait obtenu si
peu de résultats… Plus rien ne l’intéressait. Même la naissance de sa
fille l’indifférait. « Ma fille, maintenant, c’est tout pour moi, mais,
à ce moment-là, je me sentais éteinte. Plusieurs personnes m’ont
soutenue et m’ont rappelé que ma vie n’était pas finie! Que quelque
chose d’autre m’attendait.»

Auprès de ses frères, elle a retrouvé son énergie et sa motivation,
petit à petit. Elle a saisi la seconde chance que lui donnait sa vie
ici. Elle a d’abord appris le français. «Au début, c’était dur à
assimiler, mais, maintenant, ça rentre tout seul! Les quatre premiers
mois ont été difficiles, car j’avais encore les séquelles de mes
problèmes au Guatemala, alors apprendre une nouvelle langue en plus…
je me sentais perdue!»

Ne pouvant pas retrouver un travail dans l’enseignement tout de suite à
cause des équivalences nécessaires et du  haut niveau de français
requis, elle s’est trouvé un travail dans une compagnie québécoise de
produits alimentaires, Rapid Snack. Après une entrevue d’embauche, on
l’a mise à l’essai. Trois ans et demi plus tard, elle y est toujours et
en parle avec satisfaction et fierté. «J’ai été d’abord commis de
production et, maintenant, je suis chef d’équipe! C’est agréable, car
la compagnie valorise le travail bien fait.»

En même temps, elle a entrepris de faire ses équivalences pour
l’enseignement et s’intéresse aussi à la psychologie. «C’est une
profession qui permet d’aider les gens à se sortir de périodes creuses,
de travailler avec la personnalité et le bagage de chacun pour mieux
l’encadrer, c’est fantastique.»  On le voit, Ingris a l’âme altruiste
et cherche encore à donner de son temps pour aider des pays en
difficulté comme le sien, mais à partir de son pays d’adoption.

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