Formation et emplois

Voir la vie à travers son objectif

Geneviève Vézina-Montplaisir - Métro

Plusieurs appelés, mais peu d’élus : rares sont ceux qui réussissent à se faire un nom dans la photographie de presse au Québec. François Pesant, passionné de photographie depuis toujours, est l’un de ceux qui ont réussi à faire leur place.

François Pesant a toujours adoré se mettre le nez dans des livres de photos et croquer des scènes sur le vif avec sa caméra d’amateur. C’est par contre dans des ateliers de photographie, qu’il a suivis à l’Université de Montréal, que l’homme, désormais photographe de presse, a eu la piqûre.

Il y donne d’ailleurs maintenant le cours de photo de presse en compagnie de Jacques Nadeau, photographe émérite du Devoir. La passion du jeune trentenaire est devenue sa profession il y a trois ans. Après avoir suivi des cours de photo par correspondance avec une école privée américaine et avoir été stagiaire avec Jacques Na­deau, François Pesant est devenu pigiste pour plusieurs journaux et magazines, et l’un de ses reportages photo a fait récemment l’objet d’une exposition, Les réfugiés du climat, à la TOHU.  

Par-dessus tout, le jeune photographe est fana de reportages. Après avoir séjourné en Inde et au Sri Lanka ces dernières années, François Pesant s’est rendu à Port-au-Prince quelques jours après le tremblement de terre qui a frappé Haïti, en janvier. «Ce que j’aime du reportage, c’est qu’il permet de montrer des choses importantes qu’on ne voit pas souvent, explique le bachelier en sociologie. Les enjeux sociaux, humains et environnementaux m’intéressent beaucoup.»

Pour passionnés seulement
Cependant, s’il y a plusieurs appelés, il y a peu d’élus dans la photographie de presse au Québec. Seuls les plus passionnés et les plus rusés peuvent rêver de vivre de leur métier et se faire un nom. «Pour réussir comme photographie de presse, il faut toujours être à l’affût de l’actualité, souligne celui qui est également journaliste à ces heures. Il faut savoir anticiper les choses. La meilleure photo peut être celle qu’on va prendre avant ou après l’événement. Pour faire du reportage à l’étranger, il faut être débrouillard, parce que tu es souvent laissé à toi même, à l’autre bout du mon­de. Il faut aussi savoir s’occuper de la logistique. Dans des crises comme en Haïti par exemple, tu peux passer beaucoup de temps à te loger ou à te nourrir.»

Pour François Pesant, les journées se suivent, mais ne se ressemblent pas. En tant que pigiste, il peut aller couvrir une manifestation pour un quotidien le lundi, puis préparer son prochain reportage à l’étranger le mardi. Mais comme plusieurs photographes de presse pi­gis­tes, son statut de travailleur autonome est précaire. D’autant plus qu’avec la crise des médias, l’avenir de sa profession est incertain et tend à évoluer avec les nouvelles requêtes des em­plo­yeurs, qui demandent de plus en plus aux photographes de faire de la vidéo.

«Il ne faut pas avoir trop d’obligations quand on est photographe pigiste, parce que ce n’est pas très payant, déclare-t-il. De là la qualité de pas­sionné comme prérequis!»

Les qualités d’une bonne photo de presse

  • L’impact visuel de la photo. «Quand tu regardes la photo, il faut tout de suite qu’il y ait un impact, surtout en photo de presse.»
  • L’émotion qui se dégage de la photo. «Il faut que la personne qui regarde la photo ressente quelque chose.»
  • La composition, le cadrage, la profondeur de champ. «Ça vient vraiment après. Quand tu travailles en photo de presse, tu n’as souvent pas le temps de penser à tout cela!»                      

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