Formation et emplois

Joseph Messinger: ces gestes et ces mots qui font la différence

Geneviève Vézina-Montplaisir - Métro

La dernière fois que l’auteur français Joseph Messinger est venu au Québec, c’était pour commenter la gestuelle de George W. Bush et de John Kerry dans un débat télévisé présenté à Radio-Canada. Alors que tous les experts politiques donnaient la victoire à Kerry, l’expert en gestuelle, lui, la donnait à Bush. «Kerry était « psychorigide » et Bush, plus populiste», se souvient-il. C’était en 2004.

Aujourd’hui, après avoir écrit 25 li­vres sur le travail, Joseph Messinger et sa femme Caroline signent un diptyque publié aux éditions First Psycho. D’un côté de la couverture, on peut lire Ces gestes qui font la différence – Décrocher le job de vos rêves, et de l’autre, Ces mots qui font la différence – Décrocher le job de vos rêves : deux livres en un seul ouvrage qui tente de prouver que si on est conscient de nos paroles et de nos gestes, ça peut faire une différence dans notre recherche d’un emploi.

Pourquoi avoir choisi de jumeler vos deux ouvrages?
Parce que le geste dépend de la parole et la parole dépend du geste. Ces deux formes de langage sont interdépendantes. En général, le geste sert de sous-titre à la parole, mais on ne parle pas toujours. On fait souvent des gestes sans parler. En outre, les gestes sont des indicateurs de la manière dont on reçoit ce que dit l’autre. Mais ce ne sont pas tellement les gestes que fait l’autre qui m’intéresse : c’est plutôt ceux que moi je fais en face de l’autre.

Quels sont les mots à privilégier et ceux qu’il faut éviter quand on est à la recherche d’un emploi?
Avant de privilégier des mots, il faut surtout éviter d’en utiliser certains, comme le verbe falloir. Par exemple, dans la phrase «Il faut…», qui est le sujet? Le sujet n’existe pas. Les gens qui utilisent le verbe falloir ne prennent pas de décision par eux-mêmes. Ce sont des gens qui ne s’impliquent pas. On ne doit pas utiliser non plus le verbe aller. Le verbe aller implique la procrastination. Quand vous dites «Je vais venir», en général, vous venez, mais en retard. Quand vous dites «Je vais venir, ne t’inquiète pas», moi, je m’inquiète déjà! Et si vous dites : «Je vais m’en occuper», vous ne vous en occuperez pas!

Quels mots marquent particulièrement les futurs employeurs?
Vous aurez plus d’impact sur un futur employeur si vous utilisez le présent, au lieu du conditionnel et du passé.

En entrevue, à quels gestes faut-il être sensibles?
Il ne faut jamais croiser les jambes : on doit plutôt ancrer les pieds dans le sol. En outre, il ne faut jamais croiser les bras en face de l’autre. Il ne faut pas non plus se pencher vers le bureau du recruteur et envahir son espace. Il faut également être sensible au fait que votre corps vous dit si le job que vous tentez d’obtenir est pour vous ou si vous perdez votre temps. Quand vous perdez votre temps, ça commence à vous gratter partout. Ce qu’on vous propose ne vous convient pas et votre corps l’a compris plus vite que votre esprit.

Est-ce que les mots et les gestes peuvent vraiment faire une différence quand on tente de décrocher un emploi?
Tout à fait. Ça fait une plus grosse différence que le CV. La richesse de votre vocabulaire gestuel, mais aussi la qualité de votre vocabulaire verbal feront la différence.

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