Formation et emplois

Le programme Cap sur lemonde double la mise

Grâce à deux en­tentes de partenariat signées le 5 novembre dernier avec le ministère québécois de l’Emploi, le CCMM espère maintenant favoriser près de 500 stages par année ainsi que davantage d’activités de réseautage pour les immigrants au moyen de son programme Cap sur le monde. «Ces deux ententes représentent des outils flexibles pour permettre de répondre adéquatement aux besoins variés des entreprises et des immigrants», a affirmé à Métro Michel Leblanc, président de la CCMM.

Cap sur le monde offre aux immigrants nouvellement arrivés au Québec et détenteurs du statut de résident permanent la possibilité de faire un stage exploratoire non rémunéré de quelques jours dans une entreprise québécoise. Avec ces nouvelles en­tentes, les stages passeraient de 10 jours maximum à au moins 4 semaines. La deuxiè­me entente vise à regrouper sur un seul site internet toutes les informations relatives aux services publics offerts aux entreprises montréalaises.

Le site ciblera particulièrement les très petites et moyennes entreprises de l’île de Montréal. On y répertoriera notamment les services offerts par Emploi-Québec, le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, la Ville de Montréal et Investissement Québec. «Il est clair pour moi que le développement économique de la métropole passe par la mobilisation des acteurs interpellés de près par la problématique métropolitaine du marché du travail», a pour sa part souligné la ministre de l’Emploi Julie Boulet.

Cap sur le monde vise aussi à développer des activités de réseautage d’affaires pour aider l’intégration professionnelle des immigrants. La Chambre compte réaliser des rencontres de référencement professionnel, ce qui représente une bonification du programme.

Interconnexion
Pour pouvoir effectuer un stage dans le cadre du programme Cap sur le monde, il est nécessaire d’avoir préalablement suivi la formation S’adapter au marché du travail québécois, offerte gratuitement par le ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles (MICC). Ceux qui sont intéressés doivent ensuite s’inscrire dans la banque de données de Maillage Québec au  www.maillagequebec.org. Et c’est à partir de cette banque de données que Cap sur le monde procède au jumelage entre nouveaux immigrants qualifiés et entreprises.

Pour avoir le droit de participer à ce programme, l’immigrant doit être au Québec depuis moins de cinq ans. Michel Leblanc se dit conscient du fait que le taux de chômage élevé touche également la population d’origine immigrante, mais il dit vouloir prévenir le pire. «Notre priorité, c’est d’agir au moment où l’intégration est le plus à risque, dit-il. Si cette intégration est assez bien réussie dans la première période, on a plus de chances de retenir ces gens-là dans l’économie.»

Un Algérien et une Moldave relèvent le défi
Souvent désorientés et dépourvus de réseau, les nouveaux arrivants à la recherche d’un emploi s’y prennent mal. Ils disposent aujourd’hui de meilleurs outils pour réussir à se trouver du travail. «Souvent, ce sont des gens qui cherchent des défis et qui n’ont pas peur de l’aventure. Ils ont quitté leur pays pour repartir à neuf et sont d’habitude très travaillants. Ce sont de bons candidats. Leur expérience est parfois différente, mais tout s’apprend», résume Martin St-Jean, qui dirige St-Jean et fils, entrepreneur général, à Montréal.

Après avoir accueilli deux stagiaires dans le cadre du programme Cap sur le monde au printemps dernier, M. St-Jean a décidé de les embaucher. «On avait des besoins de personnel, et ils répondaient au profil qu’on cherchait afin de développer notre entreprise», ajoute l’homme d’affaires.

Réussir à ouvrir des portes
Il a d’abord engagé Zinel Abidine Benzeguir, arrivé d’Algérie il y a 14 mois. Dans son pays d’origine, ce dernier possédait sa propre entreprise, un bureau d’études de génie civil et d’expertise de trois employés situé dans l’ouest de l’Algérie. Dès ses premiers mo­­­ments au Québec, l’ingénieur algérien de 37 ans frap­pe à toutes les portes afin de se trouver un emploi, mais en vain. Au total, il a envoyé à des entreprises une vingtaine de CV qu’il a lui-même rédigés. En fin de compte, M. Benzeguir prend la décision de suivre la formation d’une semaine S’adapter au marché du travail québécois, offerte par le ministère de l’Immigration. «Là, j’ai appris à rédiger un CV québécois et à passer des entrevues, entre autres», raconte-t-il.

Après quoi il décide de tenter sa chance en déposant son CV révisé dans la banque de données de Maillage Québec. Finalement, au mois de mars dernier, il a obtenu le stage de deux semaines chez St-Jean et fils qui allait le conduire à un emploi à temps plein. Tatiana Botnaru, 26 ans, arrivée elle aussi depuis 14 mois au Québec, a eu droit à un stage plus long : quatre semaines. Cette architecte a laissé son emploi à plein temps en Moldavie, une ancienne république soviétique. Elle a emprunté les mêmes circuits que son collègue d’Algérie pour décrocher un emploi. «J’ai dû suivre des cours de français, car mon français n’était pas assez bon, raconte-t-elle aujourd’hui. Je suis très contente de ce que je fais, j’apprends beaucoup de choses au Québec.» 

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