Formation et emplois

Les assurances, un secteur d'avenir

Malgré une réputation peu engageante, le secteur des assurances offre de multiples possibilités d’emploi. Au-delà des clichés, Métro s’est penché sur ce domaine qui embauche.

L’image négative associée au secteur des assurances nuit beaucoup au recrutement. Dans la population, le lieu commun veut que les assureurs passent leurs journées à faire du porte-à-porte ou du démarchage téléphonique. Selon François Leduc, professeur et responsable des stages au DEC en assurances et services financiers du Collège Montmorency, cette image, pourtant tenace, ne correspond en rien à la réalité des métiers offerts par le secteur.

«En général, les jeunes qui suivent ce programme ont eu un premier contact avec l’industrie, soit par un emploi d’été, soit par un membre de leur famille, explique-t-il. Ce n’est pas un choix exploratoire : les étudiants du DEC savent globalement ce qui les attend et sont déterminés à travailler dans le domaine.»

Selon le guide Les carrières d’avenir de Jobboom, l’industrie prévoit qu’il lui faudra pourvoir 10 000 pos­tes dans les sept à huit prochaines années. La demande est déjà très forte. François Leduc le confirme: «Le taux de placement des finissants du DEC atteint de 95 à 100 % selon les années. En 15 ans de carrière, je n’ai connu qu’un seul un élève qui n’a vraiment pas réussi à trouver un emploi. En général, en fin d’année, nous affichons au minimum deux offres pour chaque élève.»

La raison de cette forte demande? Comme les autres secteurs de l’économie, les assurances n’échappent pas au vieillissement des professionnels. Il y aura beaucoup de départs à la retraite dans les prochaines années, et les entreprises d’assurance cherchent à préparer la relève. Jérôme Dubé, coordonnateur aux ressources humaines pour la région de Montréal à l’Industrielle Alliance, évoque également la croissance du secteur. «Notre domaine a été peu affecté par la crise, bien au contraire. De mars 2010 à mars 2011, nous aurons embauché 50 nouveaux salariés sur un total de 350 employés à la filiale montréalaise.»

Devant cette demande très forte, une guerre des talents s’installe entre les recruteurs, affirme Jérôme Dubé. «Il n’y a pas si longtemps, il y avait une multitude de candidats pour un poste. Maintenant, les recruteurs sont en concurrence pour un seul candidat.» Selon le professeur du Collège Montmorency, François Leduc, cette situation se reflète dans le programme dont il est responsable. «Chaque année, nous organisons une journée de rencontre entre les employeurs et les élèves, une façon efficace de les mettre en contact et de montrer à nos étudiants les réalités multiples de la profession.» Les offres de stages sont d’ailleurs très nombreuses et, pour les finissants, beaucoup de ces stages débouchent sur une embauche.

En ce moment, une trentaine de postes sont à pourvoir à l’Industrielle Alliance. Leur stratégie de recrutement est dynamique.Jérôme Dubé a d’ailleurs mis en place un partenariat avec le Collège Rosemont pour organiser une journée de rencontre entre des jeunes professionnels et les étudiants qui sont curieux de cette profession.

Selon Anne-Marie Deschênes, courtière  en as­su­rances de dommage et membre du conseil administratif de L’association de la relève en assurance du Québec (LARAQ), il est très important de faire le lien entre la jeune génération, étudiants et finissants, et les professionnels plus expérimentés. «Il faut donner la possibilité aux jeunes de se faire des contacts tout en apprenant  à connaître les différents métiers du secteur, explique-t-elle. C’est pourquoi LARAQ organise régulièrement des 5 à 7 professionnels.»

C’est aussi l’occasion de discuter des conditions de travail pour les futurs professionnels. Selon Jérôme Dubé, ces conditions s’améliorent, car les entreprises veulent recruter et garder leurs salariés. «On va vers de plus en plus de souplesse dans les horaires, une bonne couverture sociale est offerte, et les possibilités d’évoluer rapidement dans les entreprises sont nombreuses.»

Soutenir la relève
L’association de la relève en assurance du Québec (LARAQ) est un organisme à but non lucratif créé dans le but de soutenir la relève en assurance avant ou pendant son entrée dans l’industrie des assurances.

L’association est gérée par des jeunes professionnels et propose différentes activités comme des 5 à 7, des journées de formation et même un tournoi de golf annuel. Elles permettent aux jeunes de se faire des contacts et de rencontrer des professionnels aguerris capables de leur donner des conseils pour évoluer dans la profession.

Anne-Marie Deschênes, courtière en assurances de dommage et membre du conseil administratif de LARAQ, a elle-même bénéficié de ces activités : «Quand j’ai commencé à travailler, j’ai eu envie de rencontrer des jeunes de mon âge qui faisaient le même métier que moi. Ils sont devenus des amis et ont pu me conseiller.» 

Les conseils du recruteur
Jérôme Dubé, coordonnateur aux ressources humaines pour la région métropolitaine à l’Industrielle Alliance, donne quelques conseils pour faire bonne impression durant l’entretien d’embauche.

  • L’excellence : «Nous recherchons des personnes qui veulent réussir, se montrent très motivées et intéressées par notre industrie. Donc manifestez votre enthousiasme!»
  • La formation continue : «Soyez conscient que l’apprentissage ne s’arrête pas sur les bancs de l’école et dites-le en entrevue. Chaque mandat doit être une occasion d’apprendre davantage. Nous subventionnons parfois ceux qui veulent parfaire leurs connaissances, par exemple en allant faire un certificat en finances.»
  • Les langues : «Notre entreprise étant pancanadienne, maîtriser l’anglais est un atout certain, d’autant que les employés qui en manifestent le désir sont encouragés à aller dans nos filiales des autres provinces. Soulignez le fait que vous êtes bilingues durant l’entrevue.»

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