Formation et emplois

Voyager pour mieux travailler

Côté carrière, le fait de voyager, de rencontrer des gens, de découvrir d’autres us et coutumes et de s’ouvrir à de nouvelles cultures pourrait comporter certains avantages. En effet, entre un passeport bien rempli et une carrière florissante, il n’y a parfois qu’un pas…

Jean-Pierre Denis, coordonnateur partenariat pour Oxfam Québec, est bien placé pour l’affirmer : les voyages peuvent aider à se découvrir soi-même et à développer sa carrière. C’est au secondaire, après avoir participé à un stage de deux semaines de Québec sans frontières, offert par Oxfam Québec, qu’il a découvert sa voie : le travail dans le domaine de la solidarité internationale. Plus de 20 ans plus tard, il y Å“uvre toujours!

Jean-Pierre Denis con­state depuis quelques an­nées un réel engouement des jeunes pour le voyage. «Ils voyagent de plus en plus avec des organisations hu­manitaires. Grâce à la mondialisation et à l’immigration, les jeunes sont, beaucoup plus qu’avant, des citoyens du monde», croit-il. Les voyages d’agrément comme les stages de travail aident les jeunes à mieux se connaître eux-mêmes, croit Jean-Pierre Denis. Et c’est sans compter l’ouverture sur le monde, la conscience de l’autre, la sensibilisation à une consommation responsable et l’envie de s’impliquer dans la communauté que ressentiront les jeunes au retour…

Au Carrefour jeunesse-emploi de Verdun, un organisme qui a pour mission de favoriser l’intégration socioprofessionnelle des jeunes adultes, on abonde dans le même sens. L’organisme croit que les vo­yages peuvent effectivement apporter de l’autonomie et une plus grande ouverture d’esprit aux jeunes. En outre, comme toute expérience de vie, ils peuvent contribuer à leur faire acquérir certaines compétences.

Doit-on parler de ses voyages dans un CV?
Dépendamment du genre de voyage vécu et du style d’emploi recherché par la suite, on ajoute qu’il peut être bon de mentionner les expériences de voyage dans le curriculum vitae ou dans la lettre de présentation, mais toujours en établissant des liens entre les compétences acquises à l’étranger et les qualités recherchées pour le poste convoité.

De son côté, Johanne Ricard, coordonnatrice du secteur Orientation scolaire et professionnelle à l’Université de Montréal, croit que pour un employeur, savoir qu’un candidat est capable de se débrouiller à l’étranger peut être intéressant. Cependant, cela n’est pas toujours le cas. «Pour certains em­ployeurs, quel­qu’un qui a beaucoup vo­yagé peut sembler instable», nuance-t-elle. D’où l’importance de bien cibler les expériences et les compétences à mettre au CV.

Témoignage: partir pour apprendre
À 19 ans, après ses études au cégep et avant d’entrer à
l’université, Jean-Sébastien Martin est parti 10 mois en Australie. Visa
de travail en poche, il y a occupé plusieurs emplois ponctuels dans le
milieu agricole, dans les fêtes foraines et dans une auberge de
jeunesse. Dix ans plus tard, il affirme sans hésiter que ces mois de
voyage ont été pour lui une im­por­tante période d’apprentissage. Le
perfectionnement de son anglais, une capacité d’adaptation améliorée et
une facilité accrue à socialiser avec des inconnus sont les aptitudes
principales qu’il consi­dère avoir retirées de son expérience à
l’étranger. Aujourd’hui, quand il donne des conférences dans les écoles
secondaires sur l’entrepreneuriat, il n’hésite pas à recommander aux
jeunes de partir avant d’endosser des responsabilités professionnelles et familiales.

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