Consultez avant de crier au désastre
Je donnais récemment une conférence que j’ai trouvée difficile à plus d’un égard. Je sentais que mon matériel intéressait peu les congressistes. J’avais l’impression que les gens écoutaient par politesse. Bref, au bout d’à peine une heure, j’avais hâte que mon bloc de trois heures soit terminé… Tellement que j’ai conclu plus tôt que prévu, heureux de libérer mon auditoire d’une formation qu’il n’avait pas appréciée.
Dès la fin de ma prestation, un participant s’est approché pour me poser une question. Il était visible qu’il ne frimait pas et que mon exposé l’avait vraiment intéressé. Une dame m’a par la suite demandé lequel de mes livres pourrait l’aider à aller plus loin. Finalement, alors que je quittais, un troisième participant m’a demandé une carte professionnelle parce qu’il souhaitait que je m’adresse à ses employés.
Il y a des jours où nous sommes moins performants, mais ça ne veut pas dire que nous sommes mauvais pour autant. Alors que je pensais avoir raté mon coup, ces trois participants m’ont bien fait savoir qu’ils avaient apprécié mon travail. Je n’étais pas très bon juge. J’aurais dû faire une pause, en milieu de formation, pour demander aux gens comment ça se passait, s’ils avaient des questions ou des commentaires, etc. J’aurais été réconforté.
Est-ce que ça vous arrive? Décidez-vous à la place des autres que votre performance est pourrie, alors qu’elle est perçue comme tout à fait acceptable? Je connais une personne qui a changé d’emploi parce qu’elle se considérait incompétente, alors que son patron estimait tellement son travail que sa démission lui a coupé les jambes. À l’opposé, combien de fois revenez-vous à la maison en vous pétant les bretelles alors que votre performance n’est peut-être pas à la hauteur des attentes?
Une vérification est de rigueur. Pourquoi ne pas demander à votre patron, dès aujourd’hui, ce qu’il pense réellement de la manière dont vous accomplissez vos tâches? Vous saurez immédiatement si vous devez vous féliciter, cesser de vous péter les bretelles ou arrêter de vous flageller. Vous êtes mal placé pour évaluer la qualité de votre travail. C’est dans les yeux de vos clients (que ce soit des clients, des collègues ou des patrons) que la réponse se trouve.
Cela ne veut pas dire que vous devez devenir insécure au point de chercher constamment à être rassuré. Mais une petite vérification, quand vous doutez de vos compétences, ne ferait pas de tort. De même qu’une autre quand vous vous croyez au-dessus de tout le monde…