Un été de choix
Selon Michel Black, conseiller en orientation au Service à la vie étudiante de l’UQAM, tous les emplois d’été donnent la chance aux étudiants d’acquérir certaines habilités qui leur seront nécessaires quand ceux-ci investiront le marché du travail. «Par exemple, avec un emploi d’été de vendeur ou de serveur, ils apprendront la gestion, l’organisation du temps de travail et le travail en équipe», explique-t-il.
Toutefois, avec un emploi d’été relié à leurs intérêts et à leurs champs d’études, les plus curieux pourraient profiter de la chance d’avoir un avant-goût de leur profession de demain. «Par exemple, un jeune qui travaille pendant l’été comme concierge chez Canadair et qui s’intéresse à l’aéronautique aura un aperçu de tous les corps de métier de l’entreprise, souligne-t-il. Il pourra observer les ingénieurs qui conçoivent des avions et les techniciens qui appliquent leurs concepts.»
Le conseiller d’orientation suggère par ailleurs aux jeunes travailleurs de profiter de cette opportunité pour poser des questions aux employés de l’entreprise, et ainsi tirer le maximum de leur expérience de travail. «Il faut prendre le temps de faire le tour de l’entreprise et de poser des questions, dit-il. C’est le temps de discuter avec les gens des avantages et des désavantages de chaque métier, des horaires afin de voir si tel ou tel métier correspond à nos valeurs.»
Quant aux stages, Michel Black assure qu’il n’est jamais trop tôt pour en faire, car dans la plupart des programmes d’études, les étudiants devront attendre la deuxième année de leur bac avant de faire un stage d’observation, et parfois même la troisième année avant d’avoir un vrai stage.
«Quand on veut entreprendre un stage d’été, il faut cibler les entreprises pour lesquelles on aimerait travailler plus tard, les entreprises qui nous interpellent, souligne-t-il. Il ne faut pas avoir peur d’aller voir les gens des ressources humaines pour leur démontrer de l’intérêt, et leur montrer que vous seriez un employé idéal dans le futur.»
Selon le conseiller d’orientation, les stages permettent entre autres d’explorer un milieu en profondeur, de passer de la théorie à la pratique, de valider les informations apprises à l’école dans le monde réel et rendre compte de la réalité d’un métier.
«Grâce à ces éléments, on peut valider son choix de carrière ou encore carrément changer de voie, explique Michel Black. Si on a une mauvaise expérience de stage, il faut aussi se demander si c’est parce qu’on a mal été encadré. Tout comme après un emploi d’été, il faut aussi faire un bilan de notre stage, se demander ce qu’on a aimé ou moins aimé, et si on se voit évoluer dans un milieu de travail similaire toute notre vie.»
Un emploi d’été inspirant
Pendant trois étés, Julie Lamalice a travaillé dans un camp de vacances comme monitrice, à Fleurimont, près de Sherbrooke. Et même si cela fait plus d’une dizaine d’années, elle en garde des souvenirs mémorables. Celle qui est aujourd’hui orthophoniste assure que cette expérience lui a permis de développer plusieurs aptitudes qui lui sont nécessaires dans son travail actuel.
«J’ai appris à organiser des activités, à animer un groupe, à gérer des conflits entre les enfants et à échanger avec les parents, explique la jeune femme aujourd’hui âgée de 28 ans. Quand j’étais monitrice, je travaillais avec des enfants de sept, huit et neuf ans. Aujourd’hui, c’est encore avec ce groupe d’âge-là que je travaille.»
Julie n’a pas su tout de suite après cet emploi d’été qu’elle deviendrait orthophoniste. Elle aimait travailler avec les enfants, certes, mais n’avait pas envie d’enseigner. Sa mère lui a parlé de cette profession venant en aide aux personnes atteintes de troubles de communication.
Après avoir eu la chance d’observer pendant quelques jours le travail d’orthophonistes dans un centre de réadaptation, elle a été emballée. «J’ai été chanceuse de réaliser cette période d’observation, parce que dans le programme universitaire, le vrai stage n’arrive seulement qu’en deuxième année de bac», souligne-t-elle.