L'avis du prof: Jane Foley
Jane Foley est une éducatrice américaine qui, en tant que première vice-présidente de la Milken Family Foundation, incite les professeurs à se dépasser. Voici ce qu’elle pense du débat entourant l’intelligence.
Comment définiriez-vous l’intelligence?
De diverses manières. Tout d’abord, l’intelligence implique la compréhension de l’histoire et la façon dont celle-ci façonne le présent et l’avenir. Ensuite, elle concerne le présent : en cela, elle implique la connaissance de notre environnement immédiat, mais aussi du monde qui s’étend au-delà. Il est en outre important de connaître les mathématiques, la science et les langues, et de savoir comment s’en servir, notamment sur le plan professionnel. Et puis, il faut savoir comment accéder à l’information et, comme nous sommes bombardés de toutes sortes de messages, être en mesure de déterminer la valeur de celle-ci.
La définition de l’intelligence est-elle en train de changer?
Oui. Et très rapidement. À cet égard, je dirais que l’accès à l’information change considérablement la manière dont chacun pense, apprend et travaille. On valorise l’intelligence livresque, mais il semble que d’autres habiletés soient aujourd’hui nécessaires pour faire son chemin dans le monde. Nous voulons connaître les classiques – le passé – et notre culture actuelle – le présent –, mais nous devons aussi suivre le changement. L’intelligence livresque peut se retrouver sous forme imprimée ou numérique, mais également dans des courriels, les médias sociaux ou un entretien. Je me rends dans de nombreuses universités dans le cadre de mon travail et je peux vous dire que les gens continuent à fréquenter les bibliothèques! Il existe toujours une grande soif de connaissance.
Mais certains enfants ne lisent pas Moby Dick; ils sont plutôt sur Google+. Cela ne leur confère-t-il pas un avantage en 2011?
Je tiens à préciser que certains lisent encore Moby Dick! Cela constitue-t-il pour eux un avantage? Je ne pense pas que la comparaison soit possible. Songez aux générations précédentes et à la réalité à laquelle chacune a dû faire face. Mes parents ont vécu la Deuxième Guerre mondiale; nombreux sont ceux parmi nous qui ont vécu la fin de la guerre froide; et aujourd’hui, les jeunes sont des enfants du numérique. Le dénominateur commun est que les personnes talentueuses saisissent les occasions et dirigent. La différence, aujourd’hui, est qu’il est essentiel d’avoir une attention tournée à la fois vers ce qui est national et international.
Que doivent absolument apprendre les enfants?
L’humilité. La flexibilité. Ils doivent aussi avoir une grande soif de connaissance et le désir d’agir de manière concrète.
À quoi ressembleront nos dirigeants dans 40 ans?
Il serait naïf de penser pouvoir faire une prédiction. Si je remonte 40 ans en arrière, je peux dire que nous n’avions absolument aucune idée à quoi ressemblerait 2011. Ce sont les gens qui font le futur. Quelqu’un comme Steve Jobs a aidé à le façonner. Il y aura toujours des gens comme lui pour nous faire avancer.