Décisions manquées, décisions risquées
Vous ne pouvez pas choisir de ne pas choisir. Vous connaissez la fable de l’âne qui revenait du désert, affaibli et faisant peine à voir? On lui présente un seau d’eau et un seau d’avoine, et pourtant, il finit tout de même par mourir de soif et de faim… Aussi affamé qu’assoiffé, il n’a pu se décider entre l’eau et l’avoine, et est mort faute d’avoir choisi. Il va sans dire qu’aucun âne ne se laisserait ainsi mourir! Ce genre d’indécision ne fait pas partie du caractère animal…
L’indécision est le propre de l’humain. Bien sûr, certaines décisions sont plus difficiles à prendre que d’autres, car elles sont plus complexes et ont des conséquences plus importantes. Mais qu’est-ce qui rend une décision difficile à prendre?
Dans Sortir de l’indécision, Isabelle Falardeau propose un modèle qui regroupe des variables contextuelles et des caractéristiques personnelles expliquant cette difficulté à faire des choix. Entre autres, on peut avoir du mal à se décider à cause de l’urgence de choisir, de l’importance des enjeux, du caractère irréversible de la décision à prendre ou en raison de pressions sociales, culturelles ou économiques qu’on subit. Vous pouvez avoir de la difficulté à prendre une décision si vous avez peur de l’erreur, de l’échec, de l’inconnu ou de la désapprobation. Vous risquez davantage de cultiver l’indécision si vous êtes une personne anxieuse, impulsive ou si vous manquez d’expérience, d’information ou d’organisation. Bref, la prise de décision, même si elle est une compétence essentielle à la vie de tous les jours, n’est pas aisée pour tout le monde! Mais on peut tous s’améliorer.
Dans Sortir de l’indécision, on présente à l’aide d’un schéma les principales étapes de la démarche décisionnelle. Face à une nouvelle situation, il faut d’abord «rechercher l’information et bien observer le présent» pour cerner la situation actuelle. Ensuite, l’auteure suggère de nous «projeter dans l’avenir et ouvrir l’éventail des options», et de nous servir de tableaux de comparaison pour nous aider à identifier les meilleures propositions. Puis, il faut adopter une option et renoncer aux autres, tout en demeurant cohérent avec nos buts. Lors-que la décision est prise, nous devons aussi arriver à «gérer l’attente et l’incertitude». Enfin, il importe de «jeter un coup d’œil vers le passé», de faire un bilan et d’apprendre de notre expérience.
Prendre une décision est une nécessité lorsque nous sommes placés devant un problème à résoudre. Si nous avons une approche sobre et organisée, il nous sera plus simple de résoudre nos problèmes, et nos décisions seront plus faciles à prendre.
On s’aperçoit par ailleurs que la prise de décision occupe plusieurs chercheurs et qu’il s’agit là d’un aspect important de nos vies. Pour augmenter notre capacité à prendre des décisions, il faut tout d’abord prendre du recul, faire preuve d’objectivité et bien analyser la situation. Il faut sortir de son cadre habituel de référence pour créer des options novatrices, et ensuite revenir à l’aspect concret du problème et du contexte de la situation pour choisir la meilleure option. Lorsque nous avons identifié une solution possible, il faut l’expérimenter pour être en mesure d’en apprécier les résultats. Enfin, pour profiter de son expérience, il faut évaluer sa performance afin d’être en mesure d’appliquer ses apprentissages à la prochaine situation.
Cette chronique est un service de Septembre éditeur.