Mon boulot sert à quoi, au juste?
L’économie actuelle a créé un certain nombre de «métiers à la con», selon l’expression du magazine Strike. Vraiment? De quels emplois parle-t-on… et s’agit-il du vôtre?
En 1930, le célèbre économiste britannique John Maynard Keynes prédisait qu’au 21e siècle, nous n’aurions plus besoin que de travailler 15 heures par semaine! De toute évidence, il s’est trompé. À vrai dire, nous sommes plus occupés que jamais.
Qui plus est, des professions entières constituent des «métiers à la con» – dont le monde n’a tout simplement pas besoin – fait valoir un récent article publié dans le magazine Strike.
Si les infirmières, les mécaniciens et les éboueurs devaient disparaître du jour au lendemain, nous éprouverions d’énormes difficultés. Mais «les torts que l’humanité subirait ne sont pas tout à fait clairs si tous les chefs de sociétés de capital-investissement, lobbyistes, chercheurs en relations publiques, actuaires, télévendeurs, huissiers ou consultants juridiques disparaissaient», déclare David Graeber, anthropologue et professeur à la London School of Economics, dans Strike.
Comment expliquer cette prolifération de métiers inutiles? Graeber conclut, fidèle à ses convictions anarchistes, que c’est une question de contrôle social. Une population très occupée par des idioties n’a pas le temps de faire la révolution.
Cette théorie est tout de même sensée. Un récent sondage réalisé sur le site Reddit a demandé aux internautes quel travail est le plus inutile au monde. Et les réponses sont pour le moins fascinantes.
Un des répondants explique qu’en Russie, il y a des gens assis au bas des escaliers roulants dans le métro. Leur seul travail consiste à surveiller les escaliers mécaniques et de l’arrêter quand une personne trébuche ou lorsque des gens se bousculent. «On m’a expliqué que c’était une relique de l’ère soviétique, époque où le gouvernement a manqué d’emplois utiles et a commencé à en créer de nouveaux pour que les gens puissent travailler», écrit-il.
Et encore : «J’habite en Chine où les entreprises embauchent souvent une personne blanche qui assiste aux réunions d’affaires afin que les clients pensent que la compagnie a des investisseurs internationaux. C’est en fait une assez bonne ruse», écrit un autre.
Ce n’est pas tout! Passeriez-vous la journée à appuyer sur le bouton «J’aime» de Facebook? Certaines entreprises augmentent de cette manière le nombre de fans ou d’abonnés pour les profils d’entreprises sur les réseaux sociaux comme Facebook, YouTube, Twitter, LinkedIn et Google+. L’entreprise Shareyt.com, à Dacca (Bangladesh) peut d’ailleurs fournir mille nouveaux «J’aime» sur votre page Facebook pour aussi peu que 15 $.
Des distributeurs automatiques de billets de stationnement sont installés dans plusieurs centres commerciaux en Inde. Une personne est tout de même debout à côté de la machine et presse sur le bouton à votre place afin de faire sortir le bout de papier. Effectuer manuellement une action qui pourrait être réalisée automatiquement est essentiellement leur travail.
Plus près de chez nous, à Manhattan, il y a des opérateurs d’ascenseur d’un jour. Aussi incroyable que cela puisse paraître dans nos sociétés modernes, ils ont tout de même une certaine utilité. On les retrouve fréquemment dans les quartiers juifs. C’est que toute action est prohibée le jour du sabbat pour les juifs orthodoxes… comme appuyer sur le bouton de l’ascenseur!
Alors, ne vous plaignez plus que vous avez «le pire travail au monde» ou que votre emploi est inutile. Certains ont fort probablement une journée pire que la vôtre…