Préposés aux bénéficiaires, une profession à deux vitesses
Le Québec manque de préposés aux bénéficiaires. Selon Emploi Avenir Québec, on aura besoin d’environ 3 200 nouveaux préposés chaque année jusqu’à 2011 et probablement plus par la suite.
C’est qu’une population vieillissante a besoin de soins de base. Ceux-ci sont offerts par les préposés et comprennent l’assistance durant la toilette, les repas et les déplacements. Ces travailleurs sont donc en demande dans les Centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) ainsi que dans les résidences privées pour personnes âgées.
Devant le manque d’infirmières et d’infirmières auxiliaires, ils doivent aussi offrir des soins plus sophistiqués : injection d’insuline, application de médicaments sous forme de crème, utilisation de pansements secs, etc. Les préposés participent aussi au soutien social et moral des patients.
Formations inégales
La formation la plus adéquate est le diplôme d’études professionnelles (DEP) en Assistance à la personne en établissement de santé, d’une durée de 750 heures. Bien que ce DEP soit offert par au moins un établissement dans toutes les régions du Québec, un peu moins de 2 000 nouveaux préposés reçoivent ce diplôme chaque année. Cela crée un manque cumulatif annuel de quelque 1?200 préposés. En ce moment, on croit qu’il faudrait 3 000 préposés aux bénéficiaires de plus au Québec.
Cet écart représente un nouveau marché pour les établissements privés de formation. Il est très facile, en consultant les hebdos régionaux, de trouver une formation de préposé offerte par le privé. Ces établissements ont certainement un rôle à jouer pour combler la pénurie.
Mais pour l’instant, les emplois auxquels les préposés issus de la formation privée peuvent accéder diffèrent de ceux ouverts aux diplômés du DEP. Ainsi, les hôpitaux exigent un minimum de 100 heures de formation au moment de l’embauche. Certains demandent le DEP et d’autres exigent en plus un diplôme d’études secondaires. Or, les diplômés du privé n’ont reçu qu’une formation très courte, souvent de moins de 100 heures.
Ces diplômés trouveront des emplois dans les résidences privées, où leur rémunération varie de 9 à 15?$ l’heure. Un préposé dans un établissement public peut gagner presque 19 $ l’heure, sans parler des avantages sociaux.
Finalement, les préposés dans les résidences ne recevront généralement que très peu d’aide lorsqu’ils devront assumer des tâches plus délicates. Cela représente un risque légal pour eux ainsi qu’un risque pour la santé du public. La Fédération des préposés aux bénéficiaires du Québec (FPBQ) désire d’ailleurs que le DEP devienne la formation de base de tous les préposés aux bénéficiaires.
Les raccourcis de formation sont rarement une bonne idée! La situation des préposés en est un bon exemple.