Formation et emplois

Prolonger un voyage d’affaires: une formule gagnante

Photo: Collaboration spéciale

Voyages d’affaires riment rarement avec vacances… à moins de se réserver quelques jours de plus pour faire une petite escapade touristique.

C’est ce que propose le bleisure, combinaison des mots business et leisure – loisir –, une tendance de plus en plus populaire.

«Tant qu’à être sur place, pourquoi ne pas en profiter pour découvrir la ville?» dit Claude Morneau, vice-président, éditions, pour les Guides de voyage Ulysse.

À l’instar de M. Morneau, qui sillonne le monde quatre ou cinq fois par an, près de la moitié des voyageurs d’affaires profiteraient eux aussi de l’occasion pour explorer leur destination, selon un sondage qu’a mené le leader de l’hébergement BridgeStreet Global Hospitality en 2014, auprès de 640 voyageurs internationaux. Ils seraient même 79 % à penser que le bleisure ajoute de la valeur à ce genre d’affectations pas toujours reposantes.

«C’est pertinent, surtout dans un contexte où l’on vise la productivité, soutient Frederic Gonzalo, consultant en marketing et spécialisé en tourisme. Cela permet de compenser, et de récompenser, les employés.»

Claude Morneau estime d’ailleurs que les entreprises auraient avantage à encourager ces séjours qui, en démontrant l’intérêt réel de l’employé pour la destination lui faciliteront les contacts. «C’est enrichissant sur le plan personnel, mais ça peut aussi l’être sur le plan professionnel!»

Des voyages qui profitent à tout le monde
Si les voyages de type bleisure font des adeptes du côté des employés, les employeurs ne sont pas en reste.

«Décaler sa date d’arrivée ou de retour influe parfois sur le prix, concède Frederic Gonzalo. Mais ça peut aussi permettre à l’employé de se présenter à la portion affaires de son voyage plus frais et dispo.»

Toujours d’après l’enquête de BridgeStreet Global Hospitality, 55 % des voyageurs d’affaires seraient accompagnés d’au moins un membre de leur famille. Ces employés opteront donc davantage pour un billet en classe économique plutôt qu’en classe affaires, une aubaine pour les entreprises.

«Le calcul est intéressant: un des billets est déjà payé par l’employeur et, en général, il n’y a pas de supplément pour la chambre d’hôtel», explique Claude Morneau, qui a lui aussi pris l’habitude de partir en famille.

Il est toutefois fortement recommandé d’obtenir l’autorisation de l’entreprise avant d’entreprendre ce genre de séjour.

«Les employeurs ne sont pas tous dotés d’une politique de voyage d’affaires, reconnaît Frederic Gonzalo. Il faut faire attention aux zones d’ombre et aux abus, qui peuvent parfois alimenter les jalousies.»

Les entreprises auraient donc tout intérêt à se doter d’une telle politique, et pas seulement pour encadrer les voyages d’affaires. «Le tourisme urbain connaît une popularité grandissante, indique Claude Morneau. Les employés fragmentent davantage leurs congés et profitent plus volontiers de longues fins de semaine.»

«C’est enrichissant sur le plan personnel, mais ça peut aussi l’être professionnellement parlant!» -Claude Morneau, vice-président, éditions, Guides de voyage Ulysse

Bien préparer son séjour

Pour Claude Morneau, toutes les occasions de partir en vadrouille, en solo ou en famille, sont bonnes. Et son amour pour les voyages ne date pas d’hier. «J’ai vraiment eu la piqûre après le cégep, lors d’un voyage en moto pendant lequel j’ai longé la côte Est américaine.»

Il s’est efforcé de transmettre cette passion à ses deux enfants, qui l’ont accompagné dans bons nombres de ses déplacements professionnels. «Ça les a habitués à voir qu’ailleurs, c’est différent de chez eux. Ça a alimenté leur curiosité.»

Les enfants devenus grands, les vacances en famille se sont transformées en escapades de couple. «Il y a toujours des moments creux dans ce genre de voyages, raconte Claude Morneau. Ça nous permet, à ma conjointe et à moi, de souper ensemble au restaurant, par exemple.»

Et peu importe avec qui on voyage, le secret est de bien préparer son séjour pour s’assurer que chacun y trouve son compte, surtout quand de jeunes enfants sont de la partie. «Il faut se documenter pour savoir si ça vaut vraiment le coup», conseille M. Morneau, qui recommande également de prendre les suggestions provenant des bureaux de tourisme avec des pincettes.

Le meilleur outil, selon lui: un guide de voyage, indispensable pour avoir l’heure juste sur la destination convoitée et s’y repérer rapidement.

Articles récents du même sujet