La maroquinerie ou comment former les futurs Louis Vuitton
C’est encore un secret bien gardé, mais il existe, à Montréal, depuis plus de 15 ans une formation en maroquinerie unique en Amérique du Nord.
En fait, il s’agit d’un DEC en métier d’art, Option maroquinerie, offert en collaboration avec le Centre des métiers du cuir de Montréal (CMCM) et le cégep du Vieux-Montréal. Mais qu’est-ce que la maroquinerie exactement? Il s’agit de l’art de transformer le cuir en objets tels que des sacs à main, des porte-documents, des portefeuilles, des ceintures, des accessoires de bureau, des écrins, etc.
Le DEC en métier d’art, Option maroquinerie, est d’une durée de trois ans. Tous ses cours techniques se donnent au CMCM, où une brigade de professeurs chevronnés transmettent leur savoir. «La plupart de nos professeurs sont des maroquiniers qui ont travaillé dans de grandes maisons comme Hermès ou Louis Vuitton, souligne Claire Kusy, directrice générale du CMCM. Nous offrons à nos étudiants une technique haut de gamme qui fait d’eux des maroquiniers très polyvalents.»
Avec ses trois volets – création, production, et mise en marché – la formation outille les étudiants afin que ceux-ci puissent se partir en affaires. «Après leurs études, les nouveaux diplômés sont prêts à aller sur le marché du travail, assure Claire Kusy. Toutefois, nous ne les laissons pas tomber une fois leur formation terminée. Les anciens étudiants peuvent, entre autres, utiliser notre atelier de transition entièrement équipé pendant une période d’un an après leur formation.»
Les maroquiniers de la rue Moreau
Maylissa François, Maxime Charbonneau, Claire Nadon et Pascale Falardeau sont tous les quatre des finissants du DEC en métier d’art, Option maroquinerie. Diplômés depuis quelques années, ils partagent aujourd’hui un grand atelier près de la station de métro Préfontaine. «Ça nous permet de partager les frais, mais aussi nos connaissances», dit Maylissa.
Provenant de différents milieux – design de mode, design de présentation et même cinéma –, les quatre maroquiniers ont un même amour pour le cuir, bien sûr, mais aussi pour le travail manuel. «Cela prend une grande minutie pour être maroquinier, note Claire. La marge d’erreur est beaucoup plus petite avec le cuir qu’avec le tissu. Ce métier est un vrai travail d’orfèvre pour lequel il faut posséder une bonne visualisation 3D.»
La maroquinerie peut mener à plusieurs carrières. Alors que Maylissa fait des prototypes, des patrons et des échantillons pour des designers québécois bien connus dont elle préfère taire les noms (!), Claire crée des pièces uniques qu’elle aimerait pouvoir bientôt vendre sur le web, Maxime fabrique des sacs sur mesure et Pascale fait la tournée des salons d’artisans avec sa première collection de sacs et de bijoux en cuir et fourrure. «Dans les mois à venir, nous aimerions mettre sur pied une coopérative de maroquiniers, confie Maxime. Nous aimerions ainsi partager notre atelier avec d’autres artisans et peut-être même accueillir des stagiaires.»
Métier d’art
Le DEC en métier d’art, Option maroquinerie, en chiffres :
- 37. Le nombre de finissants depuis la naissance du programme.
- De 17 à 60. La fourchette d’âges des étudiants.
- 3 ou 4. Le nombre moyen de finissants par année.
- 95 %. Le taux de placement des étudiants.
- 500 $. Le montant qu’un étudiant doit débourser par session pour ses outils et matériaux.
Le 4 février, de 10 h à 16 h, le CMCM tiendra un événement «portes ouvertes».