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Diètes: 5 signes prouvant que votre «coach de vie» est toxique

Photo: Unsplash

Votre coach de vie a un nouveau plan de mise en forme miracle basé sur l’ingestion massive de légumes racines? Attention, danger de diètes toxiques. À l’occasion de la Journée internationale sans régime, on vous présente cinq red flags qui indiquent que votre alimentation est dans les mains d’un charlatan de la minceur. 

1. Ne pas vous laisser le dernier mot 

Être végétarien.ne et ne pas manger de viande, c’est tout à fait correct… si vous vous sentez bien dans ce régime et que c’est votre décision personnelle. 

Mais si certaines «règles» que vous appliquez à votre alimentation ne viennent pas de vous, c’est que c’est une diète, estime le nutrionniste Bernard Lavallée. Et ça peut devenir très toxique. 

Le nutritionniste Bernard Lavallée.

Plusieurs exemples de «règlements» peuvent indiquer que votre mentor.e de régime ne veut pas votre bien, par exemple vous obliger à ne manger que certains aliments, vous donner des quantités de nourriture à respecter ou même établir un horaire de repas précis. 

Vous dire quoi manger au grain de riz près n’est pas une pratique certifiée et recommandée en nutrition. 

Et ça ne vaut pas juste pour les coachs de vie soi-disant spécialisé.e.s en alimentation. 

C’est aussi un mythe de penser que les nutrionnistes sont des tyrans de la nourriture, ou qu’ils et elles tiennent des listes de bons ou de mauvais fruits, selon M. Lavallée. «Sauf si tu es allergique aux arachides», précise-t-il, en riant. 

Bref, si quelqu’un – expert.e ou gourou – vous demande de manger des céleris-raves crus à minuit chaque jour après un jeûne de cinq heures, posez-vous des questions avant de virer à l’envers votre estomac. 

2. Dire qu’une diète est inclusive 

Les charlatans de la minceur et l’industrie des régimes utilisent de plus en plus de publicités trompeuses pour vous faire croire que leur «diète» n’en est pas une. 

Comment? En utilisant des termes associés à la diversité corporelle et au bien-être afin de se donner une image moins négative. 

«Ils vont dire des mots comme: “mode de vie”, des “régimes de vie”, que ce soit une question de bonnes habitudes ou de trouver un équilibre, explique M. Lavallée. Le terme “diète” est de moins en moins populaire et donc on l’a transformé en d’autres choses.» 

Ne vous fiez donc pas à l’apparence ultra-inclusive d’un compte Instagram qui vend des alternatives santé: proposer un programme de perte de poids avec des règles alimentaires, ça reste une diète. 

3. Utiliser une science floue et douteuse

Il est facile de croire aux aliments miracles, mais attention si votre coach cite une étude obscure réalisée en 1967 ou un site Web qui affirme que la COVID-19 est un mythe.  

Avant de modifier votre menu au complet, un background check sur Google peut vous éviter bien des maux et vous faire économiser quelques bidous dépensés inutilement sur des aliments dont les vertus ne sont pas démontrées scientifiquement. 

Un exemple? Le jus de céleri. 

C’est l’américain Anthony William qui avait lancé la tendance sur son blogue en 2019. Boire du jus de céleri était censé prévenir le cancer, empêcher l’acné, réduire le cholestérol et même aider à perdre du poids (évidemment). Gwyneth Paltrow a embarqué et ça s’est transformé en mégatendance «santé» partout sur la planète, ce qui a fait bondir le prix du céleri même au Québec

Un verre de jus de céleri.
Un verre de jus de céleri. Le jus de céleri a été une tendance populaire en alimentation lors de l’année 2019.

Le hic, c’est qu’Anthony William n’est pas docteur en nutrition, ni chercheur, ni thérapeute, ni même scientifique. 

«C’est un coach qui disait qu’il parlait aux fantômes, soupire M. Lavallée. On perpétue le mythe que les aliments sont magiques. Oui, les aliments ont des impacts sur la santé, mais à long terme, et il n’y en a pas un en particulier qui soit magique. Aucun aliment ne peut, à lui seul, nous rendre en santé et aucun aliment ne peut, à lui seul, nous rendre malades.» C’est plutôt une alimentation déséquilibrée ou centrée sur un seul groupe d’aliments qui peut causer des dommages. 

Les vertus «alléguées» du jus du céleri n’ont d’ailleurs jamais été confirmées par la science… Ouin. 

4. Quand la privation est glorifiée 

C’est documenté scientifiquement: la plupart des gens retrouvent leurs vieilles (et mauvaises) habitudes lorsqu’ils font une diète stricte. C’est la faute de la privation. 

Manger devrait être plaisant et non angoissant. 

Si aller au restaurant est un supplice pour vous et vos proches, car vous avez trop de restrictions alimentaires, c’est le temps… d’arrêter votre régime. 

Surtout si vous sentez que votre coach ou votre régime profite de votre portefeuille et de votre insécurité corporelle. 

Personne ne veut avoir de relation toxique, autant avec son entourage qu’avec la nourriture. 

«Quand l’alimentation prend beaucoup de place dans notre vie, quand ça nous stresse, quand ça coupe des relations sociales, et quand c’est associé à des sensations de culpabilité, c’est signe que ça va très loin», conclut M. Lavallée. 

5. Culpabilisation à outrance 

Si vous décidez tout de même de faire une diète (chacun fait ce qu’il veut après tout) et que vous prenez une part de gâteau à l’anniversaire de votre fils, vous en avez 100% le droit. Toutefois, il y a un gros problème si les adeptes de votre diète ou votre mentor vous tapent sur la tête pour vos quelques bouchées de dessert.

M. Lavallée conseille de quitter immédiatement «ce mode de vie». 

«Les charlatans vont dire: c’est ta faute, c’est parce que tu ne m’as pas écouté et maintenant ton poids est en train de revenir. Mais c’est la faute aux règles externes qui ne fonctionnent pas», indique-t-il. 

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