Renouveler sa garde-robe pour pas cher
Les tendances mode se succèdent à un rythme (trop) effréné. Résultat : on se tanne vite. Une fois pris dans l’engrenage du porter-jeter, quoi faire avec les pièces de belle valeur encore en bon état? À Montréal, à moins d’avoir l’énergie d’organiser une vente-débarras ou de les annoncer sur eBay ou Kijiji en se croisant les doigts, le don demeure l’option la plus facile et la plus accessible.
Donner une robe H&M portée une fois passe encore. Mais quand on ne peut se résoudre à tout simplement se débarrasser de ce haut griffé acheté sur un coup de tête et à peu près jamais porté, on peut toujours se rendre rue Bernard Ouest, plus précisément au numéro 51, où la nouvelle boutique de Gen Heistek (Local 23 et Annexe Vintage) a élu domicile cet hiver.
L’Empire de l’échange n’est pas une friperie comme les autres. Pour chaque morceau intéressant, elle offre sur-le-champ de l’argent comptant ou un crédit en magasin. Et déjà, le concept inspiré de chaînes new-yorkaises comme Beacons Closet et Buffalo Exchange est victime de son succès. L’arrière-boutique croule sous les sacs de plastiques remplis, j’en suis un témoin privilégié, signe qu’on répond à un besoin bien réel.
Mais attention! Avant d’apporter des piles de vêtements, il faut faire un tri. Pas de taches ni de trous, bien évidemment, mais les signes d’usure ne sont pas tolérés non plus. Et dans ce genre de boutique, il faut savoir ce sont les pièces haut de gamme qui ont la cote.
Ces critères pointilleux se reflètent sur le plancher : loin de l’ambiance traditionnelle de la friperie du coin, on y trouve des présentoirs bien rangés, à la limite épurés. À ma première visite, j’ai déniché des pièces French Connection, Club Monaco, Banana Republic et Cheap Monday, pour ne nommer que quelques noms. Qui plus est, il n’est pas impossible de dégoter des morceaux de designers réputés comme Diane von Furstenberg, révèle la propriétaire.
Même ces messieurs ne sont pas laissés pour compte, chose rare dans ce domaine. «C’est que les hommes ont généralement tendance à porter leurs vêtements jusqu’à ce qu’ils soient usés à la corde, rigole Gen Heistek. Cela dit, nous arrivons quand même à avoir plusieurs morceaux pour hommes, car il y a un intérêt grandissant de leur part pour ce genre de produits.»