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Fraises québécoises contre fraises américaines

Photo: Archives Métro
François Van Hoenacker - Métro

Les fraises du Québec sont sur les étals depuis déjà quelques semaines et pourtant, même en pleine saison, on retrouve encore des fraises qui proviennent de l’extérieur de la province dans certaines épiceries.

Comment expliquer ce phénomène? «Avec notre climat, il est difficile de garantir une production de fraises locales durant certaines périodes de l’année, comme à la fin du mois de mai. Les grandes surfaces font donc appel à d’autres producteurs pour leur assurer un volume suffisant», explique Michel Soriol, président de l’Association des producteurs de fraises et framboises du Québec (APFFQ).

Le Conseil canadien des distributeurs en alimentation mentionne quant à lui que les contrats d’approvisionnements sont réglés à l’avance, et que les détaillants doivent s’assurer de répondre à la demande des consommateurs beau temps, mauvais temps. L’APFFQ juge qu’il serait toutefois injustifié de retrouver actuellement des fraises provenant de l’extérieur du Québec en épicerie. «On est vraiment dans un pic de production présentement», affirme M. Soriol.

La compétition est pour le moins féroce dans cette industrie. Pour se mesurer aux géants de la Californie et de la Floride, les producteurs québécois ont dû mettre au point des techniques de production parfois coûteuses permettant d’allonger la période de production.

D’autres facteurs peuvent également expliquer la cohabitation de la fraise québécoise et californienne sur les tablettes de nos épiceries. «La fraise du Québec a un taux de sucre plus élevé, elle se garde moins longtemps. Certaines épiceries préfèrent une fraise de l’étranger, moins sucrée avec une durée de vie de tablette plus grande», soutient Richard Wera, producteur de fraises à Coaticook. De plus, la marge de profit sur la fraise californienne, surtout lors des mois où elle est produite en abondance, peut être plus avantageuse pour les commerçants.

Afin de réduire l’écart du prix entre les fraises américaines et québécoises, l’APFFQ souhaite l’imposition d’un tarif douanier sur les fraises qui viennent de l’extérieur, jugeant la situation inéquitable pour les producteurs locaux.

«Ici, on empêche d’utiliser certains insecticides, on exige des producteurs des normes sévères en matière d’environnement, mais on laisse entrer des fraises qui ne respectent pas ces normes», déplore M. Wera.

La situation n’est pas parfaite, mais s’améliore selon les producteurs fraisiers québécois. «On travaille maintenant avec l’ensemble des intervenants, dont les chaînes d’épicerie et de supermarchés. De cette façon, on peut mieux prévoir l’arrivage des fraises dans les villes du Québec», conclut M. Soriol.

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