Athlètes olympiques: le physique de l’emploi
Comment savoir si vous avez ou non ce qu’il faut pour devenir une vedette olympique si vous n’avez jamais essayé?
Le directeur de la recherche sportive à l’Association olympique britannique, Marco Cardinale, explique pourquoi les grands athlètes peuvent offrir des performances bien au-dessus de la moyenne.
À chaque corps son sport
«Comme les Jeux olympiques d’été sont le théâtre de 26 sports, il n’y a pas de physique type, commente Marco Cardinale. À chaque corps son sport. Si vous songez aux différences entre un boxeur et un sprinter, vous allez réaliser que des corps très différents peuvent connaître du succès. Même si cela veut dire qu’à peu près tout le monde peut devenir un athlète olympique, ce n’est pas si facile. Les olympiens se dédient à leur sport en s’entraînant pendant des années, oui, mais le talent et la capacité d’apprendre et de s’améliorer comptent aussi pour quelque chose. Théoriquement, être grand ne vous garantit pas une place dans l’équipe de volleyball si vous n’avez pas de talent.»
Un esprit sain dans un corps sain
«Ce qui distingue les athlètes olympiques des autres, c’est leur état d’esprit et leur dévouement, poursuit le chercheur. Cela demande des heures d’entraînement et un profond désir de comprendre ce qu’il faut pour gagner. Les médaillés olympiques sont ceux qui apprennent le plus vite. Il faut aussi être déterminé à réussir, en plus d’être perfectionniste. Ce n’est pas une vie facile. Les athlètes vivent les hauts des victoires comme les bas des contre-performances tout en étant constamment menacés par les blessures. Dans ce contexte, il est impossible de survivre sans être capable de gérer l’adversité et de rester optimiste, puisque le succès vient souvent après de longues années d’entraînement.»
Se tenir loin des blessures
«Garder la forme réduit le risque de blessures, estime M. Cardinale. Il faut aussi bien respecter la progression, puisqu’on sait que la plupart des blessures sont causées par de mauvaises routines d’entraînement qui mettent trop de pression sur le corps. Et bien sûr, pour nous qui ne sommes pas des athlètes olympiques, la bonne forme physique réduit considérablement le risque de blessures.»
Bien choisir son carburant
«Les athlètes doivent constamment faire attention à ce qu’ils mangent pour s’assurer que leur régime est adapté à leurs besoins, que ce soit en matière d’entraînement, d’emploi du temps ou de type corporel, fait-il valoir. Dans les sports comme la boxe ou le judo, où la masse corporelle est un facteur important, les athlètes doivent maîtriser leur régime pour s’assurer de pouvoir participer à la compétition. Dans de nombreux autres sports, la nutrition est importante non seulement pour s’assurer que le poids de chaque athlète est approprié, mais aussi pour améliorer les performances grâce à la prise de certains nutriments à des moments-clés.»
Régime équilibré
«Avoir un régime équilibré, c’est le secret d’un style de vie sain, poursuit M. Cardinale. Il suffit d’éviter les calories non nécessaires. Nous vivons dans une société où nous consommons trop de glucides et d’aliments sucrés. Les excès de poids sont souvent causés par de mauvais choix alimentaires sur les plans de la quantité et de la qualité. C’est le genre de chose qu’il faut garder en tête. Cela dit, le régime n’est qu’une petite partie de l’équation. Le plus important, c’est l’exercice.»
Le but de l’entraînement
«Le meilleur exemple : la différence entre un haltérophile et un coureur de fond, illustre-t-il. Le premier a besoin d’augmenter sa force et sa puissance de manière incroyable, mais sans avoir à accroître sa capacité aérobique. D’ailleurs, si nous testions les meilleurs haltérophiles du monde, nous constaterions que leurs capacités aérobiques sont aussi mauvaises que celles des personnes sédentaires. Les coureurs, eux, ont besoin d’excellentes capacités cardiovasculaires, mais de très peu de force.»
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Entrevue avec Louis Smith
Métro s’est entretenu avec l’espoir olympique britannique Louis Smith, spécialiste du cheval d’arçon en gymnastique artistique.
- Stress
«Il est impossible de maîtriser parfaitement ses nerfs. On peut se préparer à être dans le meilleur état d’esprit. Pour ma part, j’aime cette décharge d’adrénaline. Sinon, je m’ennuierais. D’un autre côté, sur le cheval d’arçon, il ne faut pas se laisser déranger par le stress. Si je suis nerveux, j’écoute du reggae. La compétition, c’est traître : tout repose sur une performance de 50 secondes.»
- Menaces
«Tout le monde peut menacer mes chances de médailles. Je surveille des gymnastes comme Krisztian Berki, de la Hongrie. Si je flanche, la porte s’ouvre pour au moins 15 autres athlètes. Si je fais bien, il y aura quand même quelques gymnastes qui en feront autant. Ma force, en compétition, c’est mon calme. Je reste concentré quand d’autres peuvent vite s’énerver.»
- Vie personnelle
«S’entraîner en vue des olympiques est difficile quand on est jeune, mais il ne faut pas perdre de vue ce qu’on fait et pourquoi. Ce qui me manque le plus, c’est d’avoir une vie sentimentale. Je suis célibataire depuis plus d’un an et j’aimerais bien trouver l’âme sœur. En même temps, je ne voudrais pas de cette distraction durant les Jeux.»
- Alimentation
«C’est plutôt simple. Le matin, je mange du gruau et des fruits. Si j’ai encore faim, quelques rôties. Pour le dîner, je privilégie les glucides et les protéines et, pour le souper, le poisson et les légumes. Ce qui est absolument interdit avant les Jeux, ce sont les soirées bien arrosées, même si je me permets occasionnellement de prendre un verre ou deux.»
- Entraînement
«Je me réveille vers 10 h 30 et je m’entraîne de 12 h 30 à 15 h 30. Je me repose, puis je vais au gym de 17 h 30 à 20 h.»
