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Passion tables champêtres: le plaisir de la bouffe locale 

Boîte à lunch gourmande dans le vignoble du Domaine du Cap ou table champêtre chez Parcelles, manger dehors a la cote. Photo: Constance Cazzaniga/Gracieuseté Parcelles

Appelez-les tables champêtres, pique-niques en campagne ou boîtes à lunch rurales. Parcelles, Bika ou encore La Cabane d’à côté ne sont pas les seuls à vouloir nous faire découvrir la cuisine du jardin à l’assiette, puisque les bons repas au soleil se multiplient aussi dans les vignobles et cidreries, comme au Domaine du Cap.  

La popularité de l’idée a explosé ces dernières années: on laisse le sandwich pas de croûte à la maison, parce que des saveurs bien plus excitantes nous attendent dans un rang, quelque part en route. Entre pandémie, échanges et tendance à l’alimentation locale, producteur.rice.s et restaurateur.rice.s trouvent leur compte… et leur clientèle aussi! 

Pas qu’une histoire de pandémie 

«Je suis 100% sûr que la pandémie a contribué à la popularité du concept», affirme Dominic Labelle, le jeune chef chez Parcelles, à Austin, en Estrie. Si sa ferme est en activité depuis déjà quatre ans, ce n’est que l’année dernière qu’il a décidé d’y ouvrir un restaurant. Connaissant un succès qu’il n’avait pas anticipé, il remarque tout de même que les places s’envolent un peu moins vite maintenant qu’on peut recommencer à voyager.  

Le retour à la terre de Dominic Labelle a été motivé par une écœurantite du travail dans des sous-sols éclairés au néon. S’il s’est remis à la cuisine, c’est bien parce que ça se passe dehors. 

Du côté d’Acton Vale, Zoé Bisaillon a repris l’érablière de ses parents en 2016 avec son mari, Nicolas Baron. Ils se sont lancé un défi de taille: faire du Domaine du Cap une entreprise qui ne roule pas que durant la saison des sucres en développant de nouveaux produits et un vignoble.  

Mais dès le départ, ils avaient l’idée de proposer des boîtes à lunch gourmandes à leur clientèle. «Quand on a pris la relève et qu’on a commencé nos projets, c’était déjà dans notre plan d’affaires d’éventuellement servir une bouchée avec les dégustations, même si on ne savait pas encore exactement comment on le ferait», explique Nicolas Baron.  

Le plaisir de partager 

Ce n’est donc pas qu’une histoire pandémique, même si le contexte récent a pu favoriser la réémergence du concept. En fait, c’est surtout la notion de partage qui revient dans le discours des gens qui offrent à leurs client.e.s de venir manger chez eux.  

On s’est dit que ça serait fun de partager ça avec nos clients. C’est petit chez nous, donc il y avait une volonté de pouvoir discuter avec eux, qu’ils puissent poser leurs questions et avoir un contact avec les producteurs. Je pense que, pour une certaine clientèle, ça vient avec le produit artisan que de pouvoir échanger.

Nicolas Baron, du Domaine du Cap 

Tout comme le couple du Domaine du Cap, Dominic Labelle (qui a reçu le prix Révélation de l’année au dernier Gala des Lauriers) reçoit chez lui. Et pas juste sur son terrain: depuis avril, son resto de pizzas gastronomiques est aussi ouvert par temps froid et les client.e.s les dégustent dans la salle à manger de la maison qu’il partage avec sa conjointe. Ça, c’est de la proximité!  

«Les liens avec la clientèle sont complètement différents de ceux qu’on a dans un restaurant à Montréal, explique celui qui a commencé à travailler en restauration à 15 ans. On a très peu de plaintes, très peu de gens qui arrivent stressés. On dirait que tout le monde est plus heureux chez nous que dans n’importe quel resto où j’ai travaillé à Montréal. Les gens n’ont jamais autre chose de prévu après. C’est complètement une autre vibe.» 

Passion locale 

Quand on va manger en campagne, on s’attend à découvrir des produits du terroir. C’est en effet au cœur de la philosophie de ce genre de lieux.  

Ainsi, au Domaine du Cap, on peut non seulement découvrir les produits de l’endroit, mais aussi ceux d’autres artisans. «On a des amis dans la région et, quand c’est possible, on travaille avec leurs produits, parce qu’ils sont de qualité, raconte Nicolas Baron. Il y avait cette volonté de proximité dans nos boîtes à lunch, parce qu’on aime ce qui se fait autour et qu’on aime penser que, collectivement, on a tout ce qu’il faut pour notre clientèle.» 

En plus de l’inciter à bonifier les menus avec les produits d’artisans de la région, travailler dans une ferme est aussi une source d’inspiration au quotidien pour un chef comme Dominic Labelle. Fun fact: que ce soit chez Parcelles ou au Domaine du Cap, on offre les charcuteries des Cochons tout ronds, qui sont fabriquées à Racine, en Estrie.  

Je pense que ma manière de voir la cuisine et de créer des plats a complètement changé depuis que je suis dans la terre. Ça ouvre tout un pan de possibilités que les restos de Montréal n’ont pas, parce qu’ils n’ont pas accès à tous les stades de croissance des légumes et des herbes.

Dominic Labelle, de chez Parcelles 

En se rendant au chalet, on se laisse donc attirer par les petits chemins de gravier qui cachent des oasis de tranquillité débordant de bonne bouffe. «Les gens cherchent cette proximité avec la terre, la déconnexion et la consommation locale», croit Zoé Bisaillon. Et on a comme envie de lui donner raison.  

Parcelles 
Du vendredi au dimanche 
21, chemin Taylor, à Austin 
Site web 

Domaine du Cap 
Du jeudi au samedi 
147, route 116 Est, à Acton Vale 
Site web 

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