Soutenez

Je me rappellerai toujours ma première fois

Photo: Marc-André Carignan


Notre chroniqueur est actuellement à Singapour pour couvrir le World Architecture Festival.

Après des escales à Détroit et à Tokyo, cinq repas de compagnies aériennes et près d’une demi-journée de visionnement de films et de séries télé, me voilà enfin arrivé à Singapour pour mon premier World Architecture Festival.

Au total, 26 heures de transport et de transit. J’ai eu beau tenter toutes les positions inimaginables sur mon siège de classe économique, c’était peine perdue : que de courbatures au cou, aux jambes et au dos. Je pouvais aisément comprendre les pleurs du bambin de l’autre côté de l’avion, qui devait être complétement exaspéré du voyage. Mais bon, l’attente en a amplement valu la chandelle.

Dès mon arrivée en sol singapourien, mes yeux se sont immédiatement tournés vers LE symbole architectural de la ville: le Marina Bay Sands. Conçu par l’architecte israélo-canadien Moshe Safdie (concepteur d’Habitat 67 à Montréal), ce gigantesque complexe se targe d’être l’un des projets hôteliers les plus coûteux de l’histoire de l’architecture contemporaine. On parle ici d’une facture de 8 G$ résultant de la construction de trois tours identiques, reliées au sommet par ce qui s’apparente à… un bateau de croisière! On y dénombre 2 600 chambres réparties sur 55 étages, 10 000 employés, 2 théâtres, 1 casino, 1 musée et de nombreux restaurants dirigés par de grands chefs internationaux. Le Marina Bay Sands génère à lui seul des millions de dollars annuellement, particulièrement grâce au tourisme d’affaire.

C’est d’ailleurs à cet endroit que se tient jusqu’à vendredi le World Architecture Festival (WAF), le plus grand happening dans la communauté architecturale depuis 2008. Chaque année, l’événement attire des milliers d’architectes et conférenciers du monde entier, venant partager leur vision et leur expertise sur diverses thématiques: la valeur économique et culturelle de l’architecture, le rôle des architectes face aux changements climatiques, les défis liés à la densification des milieux urbains, l’architecture et les populations vieillissantes…  Bref, pour un chroniqueur en design urbain et en architecture, c’est évidemment le paradis de la formation continue et l’endroit idéal pour dénicher des solutions créatives pour le développement de sa propre ville.

Le WAF permet également de prendre le pouls sur la revitalisation de plusieurs grandes métropoles de la planète, dont Mexico, Istanbul, Moscou, Pékin et Shanghai. Mon coup de cœur à l’agenda : Rio de Janeiro, une ville en pleine mutation en prévision du Mondial de 2014 et des Jeux olympiques de 2016. Le gouvernement brésilien a provoqué une colère nationale en débloquant des milliards de dollars pour l’organisation de ces événements sportifs, dans un contexte où les services publics, comme les transports, la santé ou l’éducation, laissent fortement à désirer. Bien hâte de voir donc ce que nous réserve cette conférence.

Sans oublier que le World Architecture Festival est en quelque sorte le «Festival de Cannes» de l’architecture avec ses remises annuelles de prix internationaux. On y retrouve des catégories telles que «Meilleure infrastructure sportive» ou «Meilleur pavillon universitaire». Une visibilité mondiale inouïe en bout de ligne pour les lauréats de ce gala. Du côté canadien, seulement trois firmes se retrouvent en lice cette année : WZMH Architects, Hughes Condon Marler Architects et Dub Architects.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.