L'appartement de l'avenir s'expose
Si vous voulez voir à quoi ressembleront probablement les condos en 2030, un petit tour dans Verdun, pour admirer le projet Abondance Montréal – Le Soleil s’impose.
L’idée derrière le projet : construire, entre autres, un triplex de trois appartements (Le Soleil) qui produise lui-même l’énergie qu’il consomme. La recette? D’abord, construire un édifice avec une très bonne isolation thermique et de grandes fenêtres à triple vitrage.
Puis, grâce à des électroménagers basse consommation, la facture plongera à 25 $ par mois. Mais le projet va plus loin : en installant un système géothermique, ainsi que 70 panneaux photovoltaïques, le bâtiment tend à s’affranchir d’Hydro-Québec!
Enfin pas complètement, car, dans les faits, l’édifice est relié au réseau, qui peut alimenter l’édifice la nuit ou au cours des journées sans soleil. «C’est un compteur à double entrée qui fait le bilan. Si on produit plus que l’on consomme, Hydro-Québec nous créditera la différence», explique Christopher Sweetnam Holmes, fondateur de Développements EcoCité, qui a conçu l’édifice. On verra l’année prochaine si la réalité correspond aux prévisions des concepteurs.
Le 4 ½ de 1 040 pi2 qui reste à vendre, au rez-de-chaussée, est annoncé à 315 000 $, soit environ 15 % de plus que le prix du marché. Il faut dire que le système de panneaux solaires coûte à lui seul près de 175 000 $. Au coût actuel de l’électricité, ce système ne sera donc rentable qu’au bout de 50 ans, soit la durée de vie des panneaux.
«Mais il ne faut pas choisir sa maison uniquement en fonction de considérations financières», estime M. Holmes, qui pense que le confort thermique, la lumière et la qualité de l’air sont des aspects qu’il ne faut pas négliger.
Sur ce dernier point, Le Soleil met le paquet. Les matériaux utilisés limitent au maximum les COV (composés organiques volatils). «Par exemple, on évite les meubles de cuisine utilisant des panneaux de bois aggloméré. Les colles utilisées, quand elles ne sont pas stables, sont nuisibles pour la santé, même 10 ans plus tard», selon le concepteur. Pour assainir l’air des pièces, un système de ventilateur récupérateur de chaleur a été installé. Le résultat est probant.
Seul bémol au projet, les panneaux photovoltaïques sur le toit sont vraiment voyants. Mais la recherche avance, et d’ici quelques années, on verra probablement des panneaux solaires incorporés dans les murs des bâtiments, la membrane du toit, voir même dans les fenêtres.
Les particularités
- 90 % des matériaux viennent du Québec.
- Bois certifié FSC.
- Isolation à base de fèves de soja et de bouteilles de plastique.
- Récupération et filtrage des eaux de pluie pour la toilette.
- Fait uniquement de produits disponibles sur le marché.
Conseils
EcoCité donne cinq conseils pour la rénovation :
- Avant tout, bien isoler (minimum R30). Produit préféré : Demilec. Penser à faire le test des fuites d’air.
- Utiliser des panneaux agglomérés pauvres en COV (Standard Green Seal) et de la peinture zéro COV.
- Installer une toilette double chasse (de 3 à 6 l).
- Installer un ventilateur récupérateur de chaleur pour purifier l’air avec au moins deux entrées (cuisine et chambre) et une sortie dans la salle de bain. Coût : environ 1 500 $.
- Installer un système à l’énergie solaire pour l’eau chaude.
Pour plus de détails, visiter le site www.ecocite.ca.
Lire aussi la chronique de Steven Guilbeault sur le sujet intitulée «Un triplex zéro énergie à Verdun».