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Violence envers les infirmières: Les conditions de travail montrées du doigt

Josée-Raphaële Brodeur - Métro

La violence infligée aux infirmières par leurs patients est liée aux conditions et au climat de travail, d’après les données publiées hier par Statistique Canada.

Environ 34 % des infirmières affectées aux soins hospitaliers directs et de longue durée ont affirmé avoir été victimes d’agressions physiques par un patient en 2004, et 47 %, de violence psychologique. Celles ayant moins d’années d’expérience se sont trouvées plus vulnérables que les autres, qui sont en mesure de prévoir plus rapidement l’agressivité montante d’un patient.

Une des auteures de l’étude, Kathryn Wilkins, affirme que les pourcentages varient selon le domaine clinique. Les départements de psychiatrie, de gériatrie ou de soins de longue durée comportent les risques les plus élevés de violence par des patients, et ce, partout au Canada. Les relations infirmières-médecins et le soutien des collègues et du superviseur sont autant de facteurs qui influent sur le taux d’agressions physiques et psychologiques.

Pour la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, Lina Bonamie, la situation ne pourra s’améliorer que si des mesures préventives sont instaurées. «On doit mettre en place un comité de gestion de crise et augmenter les effectifs infirmiers», insiste-t-elle.

Le manque de personnel est un facteur déterminant des sévices subits par les infirmières. Par exemple, certains bénéficiaires nécessitent une attention prolongée que les infirmières peinent à combler à cause du nombre trop élevé de patients dont elles ont la charge. Selon Mme Bonamie, l’étude reflète avec justesse les réalités canadiennes et québécoises du milieu de la santé et traduit le besoin criant de personnel.  

Les infirmiers ne font pas exception à la règle

Près de la moitié des infirmiers interrogés ont dit avoir été victimes d’abus physiques ou psychologiques. Dans les deux cas, il s’agit de près de 10 points de pourcentage de plus que leurs homologues féminins. Les infirmiers, malgré leur faible nombre, seraient davantage assignés à des patients agressifs et portés à secourir leurs collègues.

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